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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

La page poésie d'Odile : un moment

21 Août 2014 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

Alors attention, pour les « fleurs bleues » qui aiment « l’eau de rose » voici le sentimentalisme absolu : Marceline Desbordes-Valmore dépasse Anna de Noaïlles dans la voie de la sensiblerie ! J’ai honte mais j’aime bien! Tout y est : les fleurs, les larmes, l’amour, le tourment, la mort, les exclamations, c’est presque du  Delly  ou du Barbara Cartland mais avec le talent en plus ! (Le refrain, les alexandrins, la musique : ce poème mérite qu’on s’y attarde…un peu).

Un moment.

Un moment suffira pour payer une année ;
Le regret plus longtemps ne peut nourrir mon sort.
Quoi ! L'amour n'a-t-il pas une heure fortunée
Pour celle dont, peut-être, il avance la mort ?

Une heure, une heure, amour ! Une heure sans alarmes,
Avec lui, loin du monde ! Après ce long tourment,
Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes ;
Et si c'est trop d'une heure... un moment ! Un moment !

Vois-tu ces fleurs, amour ? C'est lui qui les envoie,
Brûlantes de son souffle, humides de ses pleurs ;
Sèche-les sur mon sein par un rayon de joie,
Et que je vive assez pour lui rendre ses fleurs !

Une heure, une heure, amour ! Une heure sans alarmes,
Avec lui, loin du monde ! Après ce long tourment,
Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes ;
Et si c'est trop d'une heure... un moment ! Un moment !

Rends-moi le son chéri de cette voix fidèle :
Il m'aime, il souffre, il meurt, et tu peux le guérir !
Que je sente sa main, que je dise : « C'est elle ! »
Qu'il me dise : « Je meurs ! » alors, fais-moi mourir.

Une heure, une heure, amour ! Une heure sans alarmes,
Avec lui, loin du monde ! Après ce long tourment,
Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes ;
Et si c'est trop d'une heure... un moment ! Un moment !




Marceline Desbordes-Valmore.

 

La page poésie d'Odile  : un moment
La page poésie d'Odile  : un moment

Mon Dieu comme Hopper peut être déprimant parfois, même si sa peinture est superbe! L'attente qu'il impose à ses personnages est insupportable! Cette immobilité, très bien analysée par Jean-Michel dans le commentaire du tableau précédent, colle bien au lyrisme du poème désespéré de Marceline Desbordes-Valmore.(Désespéré n'est pas vraiment le mot puisque l'auteur est dans l'espérance d'un "moment", dans l'attente donc!) Je vous avais promis un autre Hopper, aujourd'hui je vous en offre deux pour le prix d'un pour que l'aspect statique soit encore plus frappant. J'adore ces touches de couleur rouge, verte ou jaune qui seules donnent vie à la toile. Le concerto pour violon de Mandelssohn apporte ces quelques notes d'espoir dans la mécancolie ambiante!

L'espace Verdon info a été créé pour le partage d'informations sur les communes, associations... Sur certains billets, des photos , des vidéos, des audio et des textes sont mis en ligne pour plus de convivialité. Cependant si des personnes sont opposées à certaines publications, ou si certaines informations s'avèrent erronées, il suffira de m'en informer en le notifiant directement sur le billet avec le commentaire, ou par mail ; je ferais mon possible pour y remédier , merci de votre compréhension.

Associations , Organisateurs , penser à nous prévenir , nous inviter à l'avance , autrement il reste difficile de partager votre actualité. Pensez aussi à nous fournir vos informations par courriel.

Je vous souhaite bonne visite sur cet espace , le webmaster

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O
Je ne connaissais pas ce poème, donc je n'aurais pu y faire référence, j'ai donc appris quelque chose, ce qui est toujours appréciable. Moi j'ai choisi cette association insolite par rapport à l'attente de ce moment tant espéré: le temps qui s'immobilise, l'attente interminable...et le moment espéré qui n'arrive pas...Pour l'analogie avec un extraterrestre je suis tout à fait d'accord, d'ailleurs ses tableaux me font penser à la série "La quatrième dimension"...
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J
La peinture de Hopper est passionnante parce qu'elle nous intrigue, on ne sait par quel bout la regarder. On dirait parfois qu'il s'agit de celle d'un extra-terrestre venu nous observer, traçant ce qu'il en a retenu.
Mais pour aller avec Hopper je verrais mieux un poème de Charles Bukowski, "Screwed within the universe" par exemple, où le verbe "screw" possède en plus de son sens classique de visser, clouer, celui plus argotique de "se faire avoir". Bukowski était en effet un extra-terrestre dont la machine pour rentrer chez lui était tombée en panne.
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