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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

St Julien du Verdon , Commémoration du 11 juin 44, 69 eme anniversaire

11 Juin 2013 , Rédigé par verdon-info Publié dans #ST-Julien-du-Verdon

 
 
 

Saint Julien du Verdon : les jeunes lycéens fusillés toujours honorés avec ferveur

Comme chaque année, le village de Saint Julien du Verdon se recueillait autour du mémorial des onze résistants fusillés le 11 juin 1944. Durant la traditionnelle messe à la chapelle Notre Dame un hommage fervent a été rendu à l’héroïque abbé Isnard maintenant décédé.

En présence de nombreuses personnalités

Monsieur le Sous-préfet représentant Mme le Préfet des Alpes de Haute Provence.

Monsieur le Député et Présidant du Conseil Général des Alpes de Haute Provence.

Monsieur le Sénateur des Alpes de Haute Provence.

Monsieur le Conseiller Municipal délégué aux anciens combattants et à la relation Armée Nation représentant M. Le Député des Alpes-Maritimes, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur.

Monsieur le Conseiller Général et Maire de Puget-Théniers représentant M. le Président du Conseil Général des Alpes Maritimes.

Monsieur le Conseiller Général du canton de St André les Alpes.

Monsieur le Président de la Communauté des Communes du Moyen Verdon.

Mais aussi :

les Elus et Maires des Communes environnantes.

L’ensemble des autorités civiles, militaires et religieuses.

M. le Capitaine, Commandant de la compagnie de gendarmerie départementale de CASTELLANE

Mmes et Mrs. les  Portes Drapeaux.

La délégation Militaire du département des Alpes de Haute Provence.

Les Sapeurs-Pompiers de St André les Alpes.

Les Parents et proches des lycéens et résistants fusillés.

M. le Président de l’amicale des anciens élèves du lycée Masséna.

L’association nationale des médaillés de la résistance française (section des Alpes Maritimes).

M. le Directeur des services départementaux de L’office National des Anciens Combattants, et  victimes de guerre. 

Mmes et Mrs. les représentants des nombreuses associations de  combattants, prisonniers, et victimes de guerre.

Mme  l’attachée de Direction du  lycée Masséna.

Mme le Principal du collège René Cassin de St André les Alpes ses élèves, et ses professeurs.

Le Conseil Municipal, les Habitants et  les enfants de notre village.

Le maire, Thierry Collomp remettait une gerbe au monument aux morts de la commune, avant de conduire la foule toujours fidèle et recueillie à l’imposant mémorial où onze dalles de granit forment la Croix de Lorraine. Les représentants des diverses associations d’anciens combattants ont déposé une profusion de fleurs où les jeunes-gens ont péri, dans un champ baigné de soleil où un petit drapeau flotte à l’endroit même où chacun est tombé : Césaire, Jacques, Pierre, Georges, Albin, Gilbert, Nonce, Roger, Francis, Félix, Joseph, Aimé et Roger (les deux frères). Et comme chaque 11 juin depuis 69 ans, leurs paroles émus sont allées droit au cœur de leurs descendants, des amis niçois, et de la population des villages environnants. Odile Boetti

 

Le discours de Thierry Collomp nous permet de mieux appréhender toute la sensibilité  de cette cérémonie et tout ce que cela implique pour les personnes présentes. Un moment d'histoire intense, lointains par la date, mais tellement présent dans l'émotion de chacun. 

 

Nous voici donc au mémorial de ST JULIEN DU VERDON en ce lieu tragique où il y a 69 ans furent fusillés 11 jeunes résistants.

Je ne suis encore une fois que l’interprète du discours commémoratif qui rappelle ces circonstances.

L’émotion est la même et, je dois dire, la participation toujours exemplaire. 

A l’occasion du 69 ième anniversaire des évènements du 11 juin 1944, notre village a souhaité une nouvelle fois rendre hommage à onze figures de notre histoire.

A l’évocation de ces noms, c’est tout un pan de l’histoire de notre village qui est commémoré.

Un épisode qui fut à la fois long et douloureux.

 

Ils étaient des élèves, des ouvriers, des cultivateurs : le plus jeune avait seulement 17 ans.

- Jacques ADAN

- Césaire AUBE

- Georges BALDO

- Gilbert CAMPAN

- Nonce CASIMIRI

- Roger DEMONCEAUX

- Francis GALLO

- Félix GIORDAN

- Aimé MAGNAN

- Roger MAGNAN

- Albin BANDINI

 

Sont fusillés collectivement par les Allemands le 11 juin 1944.

« A vous mes chers enfants, lâchement abattus, je dis : si votre fin prématurée a été épouvantable, vous pouvez dormir tranquilles du dernier sommeil des martyrs dont la mort est accompagnée de l’auréole de la victoire ».

 

Aujourd’hui, nous rendons nous aussi hommage à ces onze jeunes hommes dont cinq élèves du lycée Masséna de NICE, dont quatre du professeur Charles EHRMANN, que la seconde guerre mondiale n’a pas épargnés.

 

Aujourd’hui, nous devons en parler plus que jamais. C’est un devoir, notre devoir de mémoire. Nul ne doit oublier ces témoignages du passé.

 

Depuis plusieurs années maintenant, c’est une tâche que s’est assignée la Municipalité notamment en direction des plus jeunes.

 

Ce jour de commémoration nous donne deux devoirs :

 

D’abord manifester notre solidarité envers celles et ceux qui ont vécu ces épreuves et ensuite, écouter ce qu’ils ont à nous dire afin de pouvoir, dans le respect de leur pensée, travailler à vivre ensemble dans la paix retrouvée et dans la justice.

C’est leur rendre hommage et se souvenir de leur courage et de leur civisme. Au-delà de ST JULIEN DU VERDON, c’est aussi rendre hommage à tous ceux, a toutes celles qui sont morts pendant cette terrible période. Fusillés, tués au combat, disparus, morts en déportation ou sous la torture.

 

Mais se souvenir, s’est aussi savoir se tourner vers l’avenir.

Se tourner vers l’avenir pour faire preuve de vigilance pour préserver ces valeurs de paix, de démocratie, et de liberté, mais aussi pour continuer à résister et lutter contre le totalitarisme, le racisme, l’individualisme et l’injustice, souvent à l’origine des guerres, et encore trop présents dans notre société moderne.

 

 

 

Voici l’histoire de ces onze jeunes ou plutôt treize patriotes qui furent tués.

 

Ces propos sont extraits d’un document de nos archives communales, manuscrit constitué de mots simples sincères et spontanés découvert dans l’ancienne demeure maintenant restaurée, de celui qui accueillit avec son conseil municipal en ce lieu, le 22 octobre 1960 le Général DE GAULLE alors Président de la République française, premier résistant de France.

 

J’ai souhaité vous le lire tel qu’il a été écrit et tel qu’il m’a été confié, après avoir vérifié l’exactitude des propos bien évidemment.

 

« C’était il y a 69 ans, jour pour jour, le 11 juin 1944 vers six heures trente du matin, certains habitants de la commune entendent des coups de feu tirer à proximité du village.

Vers 7 heures environ, Monsieur Emile RAYBAUD qui allait voir un champ lui appartenant dans la direction de st André les alpes, eut son attention attirée au carrefour (là où nous sommes) par des appels provenant du champ en contrebas de la route.

 

Il fut aurifié par le spectacle qu’il aperçut, des corps épars dans le champ criblé de balles. S’approchant, il entendit une voix lui demander à boire, c’est alors qu’il aperçut deux jeunes hommes blessés, il courut du plus vite qu’il put donner l’alerte au village et bientôt un cortège comprenant une grande partie de la population se rendit sur les lieux. Les deux blessés furent chargés sur une voiture et sous la conduite de l’abbé ISNARD ils furent déposés dans la vielle église. Puis installés sur des matelas mis spontanément à la disposition.

 

Le Docteur Francis DOZOUL, de St André les alpes se rendit à leur chevet. Mais hélas ils ne pouvaient survivre à leurs blessures. Tout ce qu’il avait à faire, c’était d’essayer d’adoucir leur dernière souffrance.

 

Ces deux blessés ont affirmés que les morts du carrefour avaient été exécutés ce 11 juin par des Allemands, Ils racontèrent leur triste odyssée, ils étaient écroués à la prison de Nice, et les Allemands les enchaînant, les firent monter sur un camion.

Au départ de Nice, ils y étaient 13, en cours de route, les Allemands firent descendre deux d’entre eux, des coups de feu claquèrent.

 

Le camion repris sa route.

Comprenant le sort, qui leur était réservé ces malheureux vécurent des instants atroces, enchainés, impuissants, ils restèrent en tête à tête avec leur désespoir, heures d’affreuse angoisse dont vous mesurerez toute l’horreur.

Ils se révoltaient à l’idée de quitter ce monde qu’il connaissait a peine.

Tout à coup le camion s’arrêta, on les fit descendre, et on leur dit : » Descendez, et rassemblez-vous dans le champ, Vous êtes libre ».

Ils partirent, à peine avaient ils faient quelques pas que des rafales de mitraillettes claquèrent : un a un ils s’écroulèrent… puis ce fut le pas des lourdes bottes des bourreaux qui s’avançaient pour les achever.

Des cris, des râles. C’est alors que deux blessés firent les morts. Le camion repartis. Ils expiraient à la vielle église du village au terme d’une nuit d’agonie. L’un d’eux Aimé MAGNAN mourut le matin, l’autre Jacques ADAM le lendemain.

Ils furent conduits au côté de leurs camarades par les habitants de st julien.

Nous apprîmes les noms des fusillés par les blesses, car ils étaient tous démunis de papiers.

Après l’exécution il fut creusé des tombes, des cercueils de fortune furent fabriqués, les corps de ces morts furent lavés, le visage comme compréhensible , a la seule fin de pouvoir les photographier individuellement , puis des femmes du village qui firent les toilettes mortuaires et l’adjudant de gendarmerie de Castellane qui prit les clichés , ce qui permis aux familles des fusillés de reconnaitre leurs morts .

Les Allemands surent bien vite ce qui s’était passé. Ils revinrent en force, M le Curé ISNARD fut pris à parti, On lui reprocha avec violence de ne pas avoir laissé sur place les dépouilles…

A deux reprises son exécution par les armes fut décidé.

A toute fureur il opposa, avec fermeté son devoir de prêtre. Il en imposa à ses persécuteurs, ils n’exécutèrent pas leurs menaces.

Quant aux habitants, avec les brutalités coutumières, on leur fit évacuer le village. Les Allemands voulaient tout incendier en guise de représailles.

Ils fouillèrent avec acharnement toutes les maisons, mais ils ne trouvèrent rien, et le village fut épargné. Il convient de ne pas l’oublier.

L’Abbé ISNARD avait failli payer cher son courage et son patriotisme.

La liste des 11 fusillés a été enregistrée à la Mairie de ST Julien du Verdon Basse Alpes à seule fin de rester dans les archives et que la commune ait son nom comme un droit sur l’histoire de notre beau pays de France.

Nous ajouterons que M Jean MARTEL Maire de la commune au moment de ces événements fut déporté en Allemagne, et que L’Abbé ISNARD fut considéré comme otage libre du 11 juin 1944 jusqu’à la date d’évacuation des Basses alpes par les troupes ennemies. «

Pour rendre un juste hommage à l’Abbé ISNARD, au Dr DOZOUL, aux Courageux habitants de St JULIEN DU VERDON, il convient de rappeler les conséquences de leur intervention si spontanée, si humaine.

Que ces gens-là sachent combien nous respectons leurs mémoires, et nous n’oublierons jamais leurs sacrifice. Leurs actions de courage, sont autant acte de résistance que défi et leçon à l’occupant déshonoré par son massacre d’innocents.

 

Ce doit être une leçon d’humanité et de lutte pour un idéal commun, pour un choix de société et de civilisation organisée autour des valeurs de LIBERTE, D’EGALITE et de FRATERNITE. C’est au nom de cet idéal et de ces valeurs, que des hommes et des femmes ont consenti tant de sacrifices jusqu’au péril de leur vie.

Il est des journées qui ne sont pas comme les autres : parce qu’elles font l’histoire d’une nation ou parce qu’elles font l’histoire d’une ville, d’un village.

 

Le 11 juin 1944 fait l’histoire de SAINT JULIEN DU VERDON.

 

Faisons en sorte qu’elle fasse aussi son avenir et que cet évènement demeure dans nos mémoires, pour que demain, chacun continue de se souvenir, pour que ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie ne disparaissent pas une 2ième fois, d’une mort encore plus terrible, celle de l’oubli.

 

Je tiens à rendre hommage une nouvelle fois aux associations d’anciens combattants, de résistants et de déportés pour leur action et leur dévouement. Leur dévouement au souvenir de celles et ceux qui ont perdu la vie dans ces moments tragiques est extraordinaire.

Et je sais qu’à SAINT JULIEN DU VERDON il en sera toujours ainsi.

Cette cérémonie est œcuménique, car au-delà du temps écoulé, et par-delà la mort, aujourd’hui les martyrs nous font signe et leur souvenir intact est peut-être, à lui seul déjà présage, sinon un gage d’éternité. La fidélité au souvenir nous invite, tout particulièrement en cet anniversaire, à rappeler certains faits que le respect de nos morts ne nous permet pas de minimiser, quelques soient par ailleurs les années qui nous en séparent.

 

 

Je profiterai de l’occasion pour remercier et féliciter pour la qualité de ses interventions celui qui depuis plus de 25 ans règle l’organisation protocolaire de cette cérémonie patriotique M Rolland PABA, mis à notre disposition gracieusement par la Mairie de NICE, au côté de la fanfare des sapeurs-pompiers de la Ville de Nice.

 

 

 

Le 70 ième anniversaire marquera un tournant dans l’histoire de notre village, retrouvons nous dans un an à cet endroit chargé de souvenir et d’émotion. 70 ans, presque une vie, une vie qui passe si vite

 

Le Poète, Pierre EMMANUEL, disait en hommage à tous ceux, morts pour la libération de la Partie.

 

Mélodie : 

 

« Ces morts, ces simples morts, sont tout notre héritage,

Leurs pauvres corps sanglants resteront indivis,

Nous ne laisserons pas en friches leur image,

Leur vergers refleuriront sur les prés reverdis » …

Que ces printemps leur soient plus doux qu’on ne peut dire

Pleins d’oiseaux, de chansons et d’enfants par chemins,

Et comme une forêt autour d’eux qui soupire

Qu’un grand peuple à mi-voix prie en levant les mains.

La liberté guide nos pas

 

 

 

Merci encore pour votre participation, et plus particulièrement celle des enfants du village, et ceux du collège René CASSIN.

Au personnel communal, à la gendarmerie et la police de Castellane.

Merci également à M FIGUIERA conservateur du musée de la résistance de Castellane, pour son exposition relative aux évènements du 11 juin 1944 a ST JULIEN DU VERDON.

 

 

Transcription audio 

 

 

 

 
   

 

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