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À Senez, concert du coeur départementale à la Cathédrale

13 Juillet 2026 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Canton de Barrême

À Senez, concert du coeur départementale à la Cathédrale
À Senez, concert du coeur départementale à la Cathédrale
À Senez, concert du coeur départementale à la Cathédrale
À Senez, concert du coeur départementale à la Cathédrale
À Senez, la pierre romane s'est mise à chanter

Dimanche 12 juillet, à 17h, quand la lumière de l'été commençait tout juste à s'incliner sur les toits de  la cathédrale de Senez a ouvert ses portes à un rendez-vous devenu cher au cœur des Alpes-de-Haute-Provence : le concert d'été du chœur départemental, en compagnie de l'ensemble baroque Arcadia.

Organisée par l'association Les Amis de la cathédrale de Senez, cette après-midi musicale a réuni une assistance nombreuse, venue s'installer sous les voûtes séculaires pour un voyage sonore jusqu'à la cour de Versailles. Car c'est bien là, dans le faste du Grand Siècle, que puisent les œuvres données ce jour-là : celles de Michel-Richard de Lalande, compositeur attitré de Louis XIV, dont les motets tissaient la liturgie latine des Psaumes en habits de gloire ; et celles de Jean-Joseph Mondonville, esprit plus tardif du baroque français, également à l'aise dans la musique sacrée, la musique de chambre et l'opéra.

Le grand motet, cette forme si particulière où un texte liturgique se déploie en plusieurs mouvements, où huit voix peuvent se répondre, où l'orchestre et la basse continue soutiennent le chant comme une architecture invisible, a trouvé dans les pierres de Senez un écrin presque naturel. Sous la direction de Jean-Emmanuel Jacquet, le chœur départemental et l'ensemble Arcadia ont fait dialoguer les voix humaines et les instruments anciens, ces derniers réclamant, avant et pendant la représentation, une attention particulière : accordés et réaccordés au fil du concert, sensibles à la chaleur de l'été comme à l'humidité de la pierre, ils ont rappelé au public, par la voix même des musiciens, la fragilité et l'exigence de ces instruments d'un autre temps.

Et c'est peut-être cela, la vraie musique d'un tel après-midi : non seulement les notes de Lalande et de Mondonville ressuscitées sous les voûtes, mais aussi cette complicité tissée entre les artistes et leur public, cette façon si simple qu'ont eu les musiciens d'expliquer, d'un mot, pourquoi une corde se tend ou se détend avec la température ambiante. Une leçon de patience et de sensibilité, offerte en creux d'un concert déjà généreux.

À la sortie, dans la douceur du soir naissant, on sentait que quelque chose s'était passé : l'alliance heureuse des voix, de la musique et du lieu, cette cathédrale romane qui, une fois de plus, avait su vibrer à l'unisson d'un public conquis.

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