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La page poésie d'Odile : « Insectes et fleurs-papillons »

1 Mai 2026 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

La page poésie d'Odile : « Insectes et fleurs-papillons »

Quelques mots sur la page « Insectes et fleurs-papillons »

On reste bouche bée devant ce poème de Gérard de Nerval qui provoque tellement d’émotions diverses : liberté, légèreté, beauté, douceur, nous envahissent. Pourquoi un ressenti si fort et si doux à la fois ? Par le vocabulaire tout d’abord : le champ lexical n’est que nature et beauté (pré, nature, plante, papillon, oiseau, roses, rossignol, fleur, bois, herbe et j’en passe) ; ensuite par les métaphores poétiques (« chevelure des sillons », « fleur sans tige ») et oniriques (« je m’étends, perdu », « tête renversée », « pensée de poésie et d’amour »), par les changements de rythme (3 pieds au lieu de 7), qui font balancier et nous bercent (« Moi, les roses », « Qui voltigent », « Harmonie »). Et n’oublions pas la première strophe présentée comme un dialogue, une comptine, qui lance le thème sur un ton enfantin et primesautier 

A noter le singulier de « la grande herbe » employé de façon originale. Attention ce poème n’est pas que joie, il annonce aussi la fuite du temps et la mort, déjà amorcées par l’antonymie « le « linceul vert », et également par « Que l’on cueille en un réseau » c’est-à-dire qu’on attrape le papillon dans un filet. (Noter l’emploi du verbe cueillir, comme pour une fleur). En effet, dans la suite du poème, qui est très long, la vie éphémère du papillon devient symbole de fragilité et de mort, thème récurrent dans l'œuvre de Nerval. Le velouté des ailes est abîmé dès qu’on les touche, et l’insecte est souvent épinglé par une main innocente (Il peut aussi évoquer l'instant magique d'un amour -ou d'une émotion fugace- qui s'échappe aussitôt qu'il essaie de le retenir). 

Voici la fin du poème : 

Malheur, papillons que j’aime, 
Doux emblème, 
A vous pour votre beauté ! … 
Un doigt, de votre corsage, 
Au passage, 
Froisse, hélas ! le velouté ! …

Une toute jeune fille 
Au cœur tendre, au doux souris, 
Perçant vos cœurs d’une aiguille, 
Vous contemple, l’œil surpris : 
Et vos pattes sont coupées 
Par l’ongle blanc qui les mord, 
Et vos antennes crispées 
Dans les douleurs de la mort ! …

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F
J’étais légèrement étonnée en commençant à lire ce poème peu connu de Gérard de Nerval qui démarre comme une chansonnette champêtre : en général, cet être profondément tourmenté donne dans le mode sombre et désenchanté. Qui ne se souvient des cris de douleur sublimes du Prince d’Aquitaine ? et puis, poursuivant ma lecture, de même que l’on rate une marche dans un escalier, je suis projetée en bolide dans une chambre des supplices. La victime est un malheureux papillon, qui, en principe, si son bourreau est compétent, est déjà mort mais le doute subsiste. Le tourmenteur est une délicieuse jeune fille. Je savais bien que Nerval ne donnait guère dans la romance, mais là c’est carrément gore !<br /> L’article sépare matériellement les deux versants de l’œuvre. En ajoutant cette trappe rédactionnelle à ce poème déjà piégeux, AH ! Madame, que vous êtes cruelle !
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