Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

La page poésie d'Odile : Matisse à l’honneur

1 Mars 2026 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

La page poésie d'Odile :  Matisse à l’honneur

Quelques mots sur la page : Matisse à l’honneur

Henri Matisse. Matisse et la couleur. Matisse et la danse. Matisse et les découpages. En ce mois de mars le Grand Palais à Paris soumet une exposition riche et colorée aux visiteurs qui ne pourront être que sous le charme. J’attends mon tour avec impatience, le ticket dans la poche, elle n’ouvre que le 24. Cette exposition met à l’honneur la dernière période de l’artiste. 300 œuvres de création exceptionnelle où la gouache découpée tient une grande place. Illustrations, dessins, textiles et même vitraux voisinent avec les peintures : un plaisir pour les yeux. A cette période de sa vie Matisse est resté handicapé après une opération, peu lui chaut, il compense sa déficience physique par un regain d’imagination créative. Le papier gouaché découpé est une technique qui renouvelle la peinture, donne de la profondeur au sujet, de la vivacité à la couleur. Même les objets les plus familiers rivalisent d’une joie lumineuse. Ces œuvres hautes en couleur comme la danseuse (à droite) dans « la tristesse du roi », le tableau « la danse » ou le nu bleu qui se contorsionne gracieusement, illustrent le texte de Paul Valéry : « la danseuse ». Un texte tiré de « L’art et la danse » hautement poétique où les pieds deviennent oiseaux, plumes ou brins de laine). Dans ce texte 3 personnes philosophent : Socrate, Phèdre et le médecin Eryximaque (quelle idée de s’appeler ainsi ?). Cet extrait n’est qu’un petit passage de cet échange merveilleusement précieux, à la fois profond sur le fond, et léger dans la forme, même parfois humoristique. Je vous le recommande*. On peut noter les nombreux oxymores : « Ses pas pleins d’esprit », « Les orteils intelligents », « tapis de sensations », « trame la terre », ces figures de style, qui sont volontairement plus fortes que des métaphores classiques, renforcent l’assimilation des pieds à des oiseaux, bien mieux qu’une simple comparaison. L’idée de mouvement est constante par l’étendue du champ lexical (croisent, décroisent, attaquent, esquivent, pourchassent, s’envolent, nouent, dénouent etc.). Le chant lexical évoquant les oiseaux est lui aussi très large (nid, s’envolent, babillent, colombes, grain, dans l’air, etc.). Ainsi que les termes du tissage (trame, croise, décroisent nouent, dénouent). Et bien évidemment, notons la vivacité du style qui accumule les énumérations, les exclamations, (qu’ils !), les incantations (Ô) et dépeint avec bonheur et justesse le déplacement agile et rapide des oiseaux. Un tableau vivant tellement en accord avec les toiles joyeuses de Matisse !

 

*https://www.texteslibres.fr/lame-et-la-danse.html

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article