Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

La page poésie d'Odile :  La religion en peinture 

15 Décembre 2025 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

La page poésie d'Odile :  La religion en peinture 

Quelques mots sur la page « La religion en peinture »

L’art religieux ne plait pas à tout le monde semble-t-il, des peintures ont été barbouillées, des statues sont déboulonnées, des crèches déplacées, d’autres n’ont plus de visages pour détourner le problème…et la vue. Oublie-t-on que l’art est universel et qu’il a commencé par des représentations religieuses, dès la préhistoire, avec des sculptures de la Mère nourricière en bois ou en terre. La peinture religieuse est très largement répandue dans le monde, et la religion concernée est le plus souvent le christianisme. Elle constitue l'essentiel de la production picturale de l'art médiéval dans l'Occident chrétien, et de celle de quelques écoles ultérieures (nazaréenne au XIXèS). Il est vrai que dès l’Egypte ancienne, on martelait le nom des visages des dieux qui n’étaient plus vénérés et étaient remplacés par des nouveaux, l’intolérance ne connaît ni époque, ni frontière, elle est partout. On doit les plus belles œuvres du monde à des peintres ou sculpteurs qui ont représenté des scènes ou personnages religieux de façon…divine. Peu importe que soit peint, sculpté, Horus, Jésus ou Apollon, (pas Mahomet, certes, car sa reproduction est interdite dans l’Islam), l’inspiration est la même : la beauté dans la Foi. Faut-il être catholique pour admirer l’émouvante « Vierge à l’enfant » de Da Vinci ? Faut-il être chrétien pour admirer Notre Dame de Paris, ou musulman pour s’extasier devant une mosquée ? L’art a ceci de sublime qu’il peut rassembler dans une seule et même foi : celle de la beauté. Le choix des illustrations était très large puisque la religion est (et surtout a été) la principale source d’inspiration des artistes. Botticelli, De Vinci, Caravage et plus récemment Chagall -celui-ci explorant les frontières entre religions juives et chrétiennes-, ont plutôt recherché la quête d’universalité, leur but était d’atteindre la perfection dans la représentation.

Le poème de Germain Nouveau est appelé « Prière » comme plusieurs autres d’ailleurs (ce poète varois était très croyant, un peu fou à ses heures, c’est peut-être pour cela que ce poème est un peu sibyllin). Pour moi il est divisé en deux parties : les deux quatrains du sonnet s’entrechoquent, c’est un festival de dentales (T et D), de césures décalées, dans un style haché, pas très musical ; par contre le dernier tercet n’est que vers lisses, consonnes sifflantes (Z et S) et labiales (B et P), tout en douceur, (« Et les plaines, à ces sauvages pieds d’yeuses/Sont un cirque apaisé de bêtes précieuses ») pour décrire le Christ. A noter la diérèse* « Précieuse » destinée à couper un mot en 2 syllabes pour obtenir le bon nombre de pieds, mais aussi pour mettre le mot en valeur. A noter aussi que « ermite » (du latin eremita= du désert) est utilisé au féminin, on peut supposer qu’il souligne ainsi la figure asexuée du Christ, mais c’est une interprétation personnelle. Le champ lexical de la blancheur souligne la pureté, celui de la lumière le rayonnement de l’amour céleste. (Feu, allumé, rayonne, astre, soleil). Difficile d’en dire plus sans tomber dans l’interprétation hypothétique, je pense d’ailleurs que je me suis déjà trop avancée.

Sainte Baume

Sainte Baume

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Bonjour. Dsl de contredire l’autrice mais à mon avis le poème de G. Nouveau n’est pas « sibyllin ». C’est une évocation de Marie-Madeleine. Explication :<br /> <br /> L’époque : le Ier siècle ( le désert se fleurissait de nouveau rites). Enfin on change d’ère et d’heure. Personne n’y comprenait plus rien à ces ides, nones, calendes et ce compte à rebours !<br /> <br /> Le lieu : la grande caverne au sommet du massif de la Baume (le plus haut point de la montagne la plus pure). Les sauvages pieds d’yeuses rappelent les bois sacrés qui couvraient le massif dans l’antiquité. Avec une petite erreur botanique : c’était surtout une hêtraie, pas une forêt de chênes verts. Des plaines à ses pieds : tableau raccourci d’une situation géographique assez rare. A présent les frères dominicains montent leurs courses en 4x4. Mais à l’époque, comme pour la falaise de Robion*, il fallait de bonnes jambes, et ne pas avoir peur des loups, pour grimper jusqu’à la baume, la grotte.<br /> <br /> La femme : elle est la seule du martyrologe dont on peut dire « la plus sainte et la plus charmante des ermites ». Autant lui mettre une étiquette. Sa beauté est restée célèbre : « Jamais plus belles paroles sortirent de plus belle bouche » (La légende dorée. Jacques de Voragine, 1261-66).<br /> <br /> La sainte : sa vie de privations ( les flancs pressés d’une longue ceinture : signe d’une maigreur ascétique : quand le ventre est rond, les pans de la ceinture sont courts ! les bras nus, les manches de bure), sa pureté symbolisée par sa pâleur (Blanche, visage (…) blanc). « L’idéal concert de ses mérites » évoque l’ « odeur de sainteté » : le poète fait passer de la sensation olfactive à la sensation d’harmonie musicale.<br /> ses visions : ce n’est plus Apollon qui occupe le zénith : Les yeux de Jésus Christ s’ouvrent dans le soleil. Elle rayonne de feu, son cœur allumé s’ouvre. A l’heure d’or la plus sévère à la nature, elle est pourtant toute fraîcheur : son visage d’un feu tranquille et blanc rayonne comme une neige. Le céleste conseil : selon la tradition, la sainte était « enlevée » par des anges pour une réunion mystique plusieurs fois par jour. <br /> <br /> <br /> Je dois reconnaître pourtant qu’une ligne du second tercet me pose problème : les plaines (…) sont un cirque apaisé de bêtes précieuses. On dit cirque de montagnes, pas cirque de plaines. Donc il faut chercher un sens caché. A cette époque, le cirque romain a une réputation morbide : c’est là qu’on offrait au peuple des spectacles sanglants. On livrait les condamnés à mort à des bêtes précieuses : félins et autres grands carnivores. Leur achat et leur entretien coûtaient très cher. Les édiles les remplaçaient parfois par des fauves locaux. Et priaient les dieux pour que l’empereur à Rome n’en sache rien. Le cirque apaisé peut signifier qu’elle oublie pendant ses visions le sort effroyable qui la menace.<br /> <br /> Là, c’est sibyllin, à coup sûr. Je ne refuse pas de l’aide.<br /> <br /> * « La falaise de Robion » article de FL, rubrique Robion du même blog
Répondre
L
Impossible de vous montrer la Sainte Baume.Je vais demander au Chef.
L
Bonsoir, vous m’avez devancée. Comme je ne connais pas du tout ce Germain Nouveau, je voulais me renseigner sur lui avant de défendre ce poème que je trouve d’une grande douceur. Pas d’entrechocs pour moi ! c’est fluide, c’est clair, ça coule de source si j’ose dire pour un massif qui est un gigantesque et énigmatique réservoir d’eau (pas bénite !). J’aime bien la façon dont vous l’avez « décortiqué » (Ah Ah !) : vous l’avez expliqué sans lui retirer son charme, très féminin, en définitive (Non, pas de guerre des genres !). Sauf sur un point : le concert harmonieux « correspondant » à l’odeur de sainteté. Là vous y allez un peu fort ! comme dit l’autrice, vous vous avancez ! Mais l’idée, si elle est aventureuse, est bien jolie ! Odile ne devrait pas vous en vouloir car elle ressemble au beau vers de son Baudelaire chéri : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ».<br /> <br /> Quant à votre appel à collaboration, désolée, je n’ai pas de solution autre pour la signification du « cirque apaisé ». Je n’ai pas votre esprit mathématique. Faut-il vraiment qu’un poème livre ses derniers secrets ? Comme je l’ai écrit dans l’article sur la chapelle de Robion (la chapelle, pas la falaise !), il y a des questions qui doivent rester sans réponses. Sinon, que deviendrait la Poésie ? <br /> <br /> Et pendant que nous y sommes, dans « la religion en écriture » … Bon Noël à tous !
R
Encore un très bel article, actuel. Lart dans les religions est bien un dénominateur commun qui doit inciter à la tolérance des uns envers les autres, ce que pronent " les chefs de file" des 3 grandes religions monotheistes, mais la réalité est malheureusement bien differente, et les événements récents sont suffisamment explicites pour s'en convaincre<br /> Merci et ayons malgré foi dans l'avenir
Répondre
B
Françoise, je disais que les vers s'entrechoquent car le style en début de poème est haché, les césures sont irrégulières et les allitérations dures, je n'en démords pas, après le style change et devient douceur j'en conviens...
B
Merci pour cette magnifique analyse Lucien, elle m'a vraiment éclairée sur l'"ermite" qui a habitée cette magnifique forêt de la Ste Baume que j'ai si souvent arpentée avec mes parents (même jusqu'au Saint Pilon tout en haut). Je n'avais pas fait la relation entre les yeux de Jésus Christ et Marie-Madeleine, mais c'est évident. Mon esprit n'était pas clair ce jour-là, car elle lève les bras vers les anges qui l'enlèvent, cela aurait dû me sauter aux yeux. Mais n'est-il pas vrai que ces deux figures saintes se confondent, elles étaient en communion, et même en union tout court ? (Pardon pour l'humour douteux). Merci pour m'avoir ouvert les yeux, merci à Françoise pour avoir cité les correspondances de mon cher Charles. (Harmonie du soir est un bijou. A noter le champ lexical de la religion et des objets liturgiques dans ce poème). Et merci aussi à Béa de me lire fidèlement et de commenter mes écrits avec bienveillance, j'en suis ravie. Joyeux Noël.