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la page poésie d'Odile :la discorde

1 Décembre 2025 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

la page poésie d'Odile :la discorde

Quelques mots sur la discorde

En cette période troublée où chacun est « sur les nerfs », où la violence éclate partout, où la dispute est monnaie courante entre voisins, dans un groupe, au travail ou même dans la famille, il est bon de remettre un peu de sérénité en l’abordant sous l’angle de l’art. Tout le monde connaît l’histoire de la pomme de la discorde dans la mythologie, qui met en scène les 3 plus grandes déesses de l’Olympe*. Mais la pomme, a été utilisée dans d’autres légendes comme symbole de conflit : Adam et Eve, les pommes d’or du jardin des Hespérides**, la pomme de Blanche neige etc. De nombreux peintres ont peint cette scène mythique, mais de toutes ces œuvres, le tableau de Botticelli est ma préférée. Clarté, couleurs vibrantes et complémentaires (vert/orange), sensualité, finesse du trait, tout y est. La discorde entre Manet et Degas, amis dans la vie, demande une explication.  Au commencement de cette dispute, se trouve l’attirance de Degas pour Suzanne Manet et les femmes de ses amis. En effet, il a toujours été proche de ces dames et a représenté plusieurs fois Mme Manet dans ses tableaux. Dans ce contexte, Degas a un jour offert au couple un tableau représentant son ami, affalé sur son canapé, et écoutant sa femme jouer du piano. Or, ce tableau n'aurait pas plu à Manet...Un jour, alors qu'il rendait visite aux Manet, il a découvert que son tableau a été déchiré. Il décide donc de reprendre son œuvre et, en colère, renvoie à son rival une nature morte qu'il lui avait offerte. Degas gardera le tableau jusqu'à son dernier jour, preuve que toute sa vie, la blessure restera vive. Jalousie par rapport à sa femme ? Vexation parce que Degas avait saisi avec trop de justesse la posture de son rival et ami ? Comme quoi la mésentente part souvent d’une peccadille mais peut blesser à vie. 

Un mot sur la poésie de La Fontaine. Ce n’est pas une des plus connues ni des plus faciles. Pas d’anthropomorphisme, qu’il emploie d’ordinaire pour les animaux, mais l’allégorie des déesses mythologiques, n’aide pas à la compréhension du texte. On retrouve la déesse Discorde (Eris) depuis l’Antiquité (Homère, Hésiode Virgile). Mais c’est Arioste qui, le premier, la fait chercher aux enfers et la trouve… dans un couvent. La Fontaine tente manifestement d’éviter les critiques d’impertinence envers la religion qui ont été adressées à Aristote, en faisant loger sa Discorde « à l’auberge de l’Hyménée », c’est-à-dire dans le mariage. Si Boileau dit « Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme », La Fontaine préfère « cet animal qu’est l’homme » qui est moins injurieux mais tout aussi caustique. A noter la tournure de phrase inversée, chère à La Fontaine : « Bien souvent l'on perdait, à la chercher, sa peine » au lieu de « l’on perdait sa peine à la chercher ». L’inversion de sujets ou de compléments est une figure de style élégante et désuèts mais elle rend la lecture plus ardue.

*En quelques mots, Éris, déesse de la discorde n’avait pas été invitée au mariage de Tétis et Pélée car ils ne voulaient pas de dispute à leur mariage. Furieuse, Éris a alors jeté une pomme en plein milieu du banquet. Sur le fruit était écrit « À la plus belle ! » pour que les déesses se la disputent. Aphrodite (déesse de l'amour et de la beauté), Héra (déesse du mariage) et Athéna (déesse de la sagesse et de la guerre) se précipitèrent sur la pomme, croyant chacune qu’elle leur était destinée et leur revenait de droit. Appelé en juge suprême Zeus ne réussit pas à les départager et envoya Hermès (dieu des messagers) chercher le plus beau des jeunes hommes existant sur Terre pour choisir à sa place. Il s'agissait du jeune berger Pâris. Lorsqu'il se retrouva devant les trois déesses, elles lui firent chacune une proposition pour qu'il la choisisse. Athéna lui promit que, s'il la choisissait, elle lui ferait gagner toutes les guerres qu'il entreprendrait. Héra lui proposa d'être l'homme le plus riche et le plus puissant du monde. Enfin Aphrodite lui promit de lui donner pour compagne la plus belle femme du monde. Pâris choisit Aphrodite pour obtenir l’amour. Mais en faisant le choix de la belle Hélène et en l’enlevant à son mari Ménélas, il déclencha la guerre de Troie.

**Les pommes d’or du jardin des Hespérides étaient des fruits sacrés, offert en cadeau de mariage par Gaïa à Héra quand elle épousa Jupiter. Personne ne connaissait l’endroit où se situait ce jardin. Ce fut l’un des 12 travaux d’Hercule, que de trouver ce jardin et dérober les pommes d’or pour les rapporter à son cousin Eurysthée. 

 

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L
Richesse surabondante ne nuit pas ? ! Le seul tableau de Degas nous aurait suffi comme exemple parfait d’une dispute célèbre, qui laissa chez les deux amis une longue trace douloureuse. Plus vraisemblable que le reproche de la pose « avachie » de Manet ou qu’une rivalité autour de son épouse, la version qui explique la mutilation de l’oeuvre a notre préférence. Toute cette mauvaise histoire viendrait du… nez de Suzanne, un peu fort, dont Degas aurait tracé le profil avec un réalisme excessif. D’où le violent mécontentement du mari à voir sa femme « trop enlaidie ». Pour faire disparaître cette "déformation des traits de sa chère Suzanne", Manet attrape des ciseaux et découpe froidement sa femme en deux morceaux, du haut en bas, faisant du même coup disparaître le piano. Et crac ! On imagine Degas venu dîner chez ses amis et découvrant la toile qu’il leur avait offerte ainsi charcutée. Furieux, il part avec l’objet du forfait sous le bras, rentre à son atelier, colle sur le moignon amputé une large bande de tissu qu’il colore et crayonne vaguement. Le tableau ainsi pansé ne sera jamais retourné aux Manet et restera dans un coin de son atelier jusqu’à sa mort. Tel une amoureuse renvoyant ses lettres à l’amant après leur rupture, il renvoie à Manet une petite toile que ce dernier lui avait offerte. Na ! Ensuite les deux amis reniflent chacun dans son coin pendant des années. Quand Manet disparaît (à 51 ans), Degas se démène pour perpétuer sa mémoire et pleure son ami perdu dont il a collectionné huit tableaux et une soixantaine de gravures. <br /> <br /> On peut sourire au récit de tels enfantillages. Mais la Discorde naît toujours d’un incident insignifiant, voire ridicule, avant de tourner au drame. Comme l’écrit Jean de La Fontaine dans son poème plus souriant que sarcastique, dès que naît un désaccord (« débat »), cette déesse diligente court vite et devance (« prévient ») la Paix, « faisant d’une étincelle un feu long à s’éteindre ». <br /> <br /> C’est la Guerre... de Troie, entre autres. O Botticelli, malgré la beauté des concurrentes, comme tu as bien su rendre l’atmosphère acrimonieuse de ce concours par la teinte verdâtre qui imprègne cette peinture sur bois, encore accentuée par le « vert-de-gris » du drapé de Junon et le « turquoise-malade » de la mer. Même la veste de Pâris est d’un vert éteint et la robe blanche de Vénus semble avoir trempé dans l’absinthe. Sur cette dominante, acide à faire grincer les dents, l’écarlate de la colère et de la rivalité éclabousse toge, robe et manches des déesses, jusqu’au revers des bottes de Pâris et au collier de son chien, comme le sang jaillissant de l’artère. On ne dira rien du regard dont Junon transperce Minerve, au visage anguleux et presque masculin, qui lui oppose une expression glacée tandis qu’autour de sa tête, sa fureur est symbolisée par les sept branches en éventail d’un buisson. La brouille des dieux était déjà périlleuse pour les humains mais celle des déesses était une calamité. Pâris était beau mais il était bien naïf. Il aurait dû fuir à toutes jambes. Mais nous n’aurions pas eu le chef d’oeuvre de Botticelli.
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R
Oui la discorde peut survenir sans crier gare et provoquer des dommages collatéraux...
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B
Oui ma Béa, et c'est bien désolant. Pour Françoise, belle analyse, je suis d'accord sur les tons verdâtres dans le tableau de Botticelli, mais cette quasi monochromie met en valeur les autres touches de couleurs, rouge et orangé. Il faut se référer à l’œuvre "en vrai" qui est une merveille de finesse, de précision et de luminosité. Quant aux "3 grâces" ce serait plutôt les "3 garces"...Merci pour tes commentaires toujours judicieux.