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Grandeur et décadence dans une cabane-à-livres par Françoise Lucca

17 Août 2025 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

Grandeur et décadence dans une cabane-à-livres par Françoise Lucca

Grandeur et décadence dans une cabane-à-livres

 

Nous avons tant aimé la Mer ronde à travers les yeux de Jean-François DENIAU  que  nous pensions avoir fait une trouvaille sur ce bord de route que nous affectionnons. Hélas, cette TADJOURA (1999) est si déconcertante, si décevante…

Quel dommage, une si belle plume au service d’une intrigue aussi vaseuse ! Un cadre à l’Agatha Christie totalement improbable. Un regroupement de personnalités censées être anonymes et qui se connaissent en réalité de très près. Un salmigondis de récits tous plus atroces les uns que les autres. Les dîneurs ont - quand même, de temps en temps - un peu de mal à déglutir (nous aussi !). Un seul épisode fait vrai : la tempête à Ouessant. On y retrouve l’amoureux de la mer qui nous avait enchantés. 

Il n’y a plus de relecteurs chez les éditeurs ? ou le prestige de l’Académie française doit-il couvrir certaines défaillances ? Il en faudrait si peu pour faire de cette soupe un livre qu’on n’oublie pas sitôt refermé.  On supprime 20 pages de détails inutiles ; on fait sauter l’intrigue amoureuse entre « Octobre » et « Août »: cette amourette incongrue ne rime à rien, elle n’ajoute rien. Bien au contraire, en « attribuant » « Août » à l’un d’entre eux, elle va à l’encontre du but recherché : elle les aime tous d’une même et grande indifférence, ou les hait tous, au choix. Pourquoi en choisir un alors qu’ils sont tous semblables ? Et si on enlevait aussi toutes les diversions (construction « en tiroir » et « histoires dans l’histoire »), qui dispersent l’attention au lieu de la nourrir ? Comme le dit une commentatrice de Babelio en ligne : « les anecdotes tuent l’anecdote ».

On arriverait à quelque chose qui tient la route et qui était - peut-être - l’intention de l’auteur : démontrer comment dans un « ordre » masculin, doté de toutes ses caractéristiques fétiches, l’arrivée redoutée et plus ou moins inévitable d’une femme va petit à petit le dévorer, jusqu’à l’os, dans ses habitudes, ses traditions, ses connivences, jusque dans ses préjugés…Car, à la fin, il n’en reste rien : les anciens compères (conjurés ?) applaudissent en riant à la santé de leur propre mort. Vision d’un monde bousculé jusque dans ses fondements, sans autre perspective que la disparition ? On pouvait espérer une fin ouverte, au moins plus aimable … 

Oui, une fin plus aimable !  A la dernière ligne, « Août » se contente de sourire et de secouer doucement ses bracelets… les bracelets, le surnom des menottes dans les vieux polars… 

On peut espérer que la violence du monde pliera un jour… mais pas au prix des menottes, 

s’il vous plaît...

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