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La page poésie d'Odile : Hommage à Rimbaud

21 Novembre 2023 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

La page poésie d'Odile  : Hommage à Rimbaud

Hommage à Rimbaud

Ces derniers jours les hommages à Rimbaud se multiplient. En effet, le poète français Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville et mort à 37 ans le 10 novembre 1891 à Marseille. On commémorera donc en 2024 les 170 ans de sa naissance. Chacun sait qu’il a vécu une passion tumultueuse avec Verlaine, pourtant jeune marié et de dix ans son aîné (16 et 26 ans), liaison entre alcool et violence. Ce que l’on sait moins c’est qu’il est mort d’une tumeur au genou qui lui avait valu d’être amputé d’une jambe et qu’auparavant il avait fait du trafic d’armes s’exilant en Afrique et en Asie. Un parcours chaotique donc, qui ne l’a pas empêché de laisser au monde les plus beaux vers de la langue française. « Le dormeur du val » est l’un de mes préférés, il m’a énormément marqué lorsque je l’ai étudié au lycée (je ne m’attendais pas à la chute !) et il m’émeut toujours autant. Le contraste entre la paix de la nature et la violence du tableau est saisissant, accentué par l’effet brutal du dernier vers. Ce sonnet en apparence très classique et simple d’accès, contrairement à des poèmes plus hermétiques de Rimbaud,  (Voyelles, Le bateau ivre) présente cependant des cassures dans le style, tels les renvois à la ligne « Luit », « Dort », comme pour mettre vraiment en avant les termes d’un contexte paisible. A noter aussi les touches de couleur : argent, vert, bleu qui s’opposent au rouge du sang. Tout concourt au bouquet final.

J’ai étudié « Ma bohème » aussi mais le poème est un peu plus sophistiqué, les délicieuses images et métaphores (lyres, souliers blessés, frou-frou) en font lui aussi l’un des plus beaux poèmes de la langue française. Alors que tout traduit la misère (« poches crevées », « paletot idéal » –transparent-, « large trou », « souliers blessés ») ce poème traduit le bonheur de la liberté pour le poète, son lâcher prise (façon de flâner, attitude rêveuse, position du pied), il est cependant prisonnier de sa muse (« féal », c’est un mot fort qui marque sa fidélité à son art).

A dix-sept ans on n’est peut-être pas sérieux mais on est déjà un poète affirmé. La preuve en est ce texte plein d’énergie, de joie, exprimées par les nombreuses exclamations et décalages dans le style. Et toujours ces magnifiques images (« la sève est du champagne ») qui donnent une poésie ineffable à des termes pourtant simples. A noter l’exaltation de tous les sens : par les parfums, les couleurs, les sons, qui donnent beaucoup de vie à la scène. Le verbe « Robinsonner » lui donne également un côté romanesque et humoristique, évoquant le poète errant seul au fil des pages et rêvant sa vie à travers les livres.

J’ai illustré notre cher Arthur de 2 tableaux sur la bohème impressionniste et surréaliste qui « vont bien », je trouve. L’absinthe et les cafés étant bien dans l’air du temps de nos poètes et autres artistes parisiens, qui vouaient un culte à « fée verte »de la Belle Epoque

La page poésie d'Odile  : Hommage à Rimbaud
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