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Asse Arcadie : quand la musique devient prière sous les voûtes de La Mure-Argens

20 Avril 2026 , Rédigé par verdon-info

Asse Arcadie : quand la musique devient prière sous les voûtes de La Mure-Argens
Asse Arcadie : quand la musique devient prière sous les voûtes de La Mure-Argens
Asse Arcadie : quand la musique devient prière sous les voûtes de La Mure-Argens
Asse Arcadie : quand la musique devient prière sous les voûtes de La Mure-Argens
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Asse Arcadie : quand la musique devient prière sous les voûtes de La Mure-Argens

Asse Arcadie : quand la musique devient prière sous les voûtes de La Mure-Argens

Dimanche 19 avril, 16h00, Église Notre-Dame de Vauvert.

À l'occasion du festival ASSE ARCADIE 2026, Christian Lopes, premier adjoint de la commune de La Mure-Argens, a pris la parole au nom de Monsieur le Maire pour accueillir l'événement « festival Asse Arcadie» au sein de l'église locale. Dans ce lieu chargé d'histoire, il a décrit cette manifestation comme un véritable voyage spirituel, à la croisée du théâtre lyrique et de la prière mariale. Plus qu'un simple spectacle, ce moment a été présenté comme une invitation collective à l'émotion, à la réflexion et à l'élévation à travers l'expression artistique. En soulignant la fierté de la commune de recevoir une telle qualité culturelle, l'élu a tenu à remercier chaleureusement les organisateurs, souhaitant à tous les habitants et amis présents une expérience partagée placée sous le signe de la beauté.

Comme à son habitude Jean Paul Serra prenait la parole pour parler du festival Asse Arcadie qui est présent sur notre territoire depuis déjà 19 ans . Les prochaines rencontres se dérouleront en juin puis en septembre. 

Ici, les murs de pierre ne retiennent pas seulement les échos, ils les transforment en méditation. Le festival Asse Arcadie y déploie son programme "Voix et Âme", un récital pour baryton et pianoforte où Sergio Ladu et Jean-Paul Serra, par leur alchimie, font de chaque note un pas vers l’invisible. Mozart, Haydn, Durante : des noms qui résonnent comme des étapes d’un pèlerinage sonore, où l’opéra et l’air de concert du XVIIIe siècle deviennent le langage d’une quête universelle. L’amour, la fidélité, le pardon — ces thèmes, portés par la voix chaude du baryton et le toucher délicat du pianoforte, prennent dans l’acoustique sacrée de l’église une dimension presque charnelle. On y entend moins des mélodies que des confessions, moins des airs que des soupirs d’humanité tendue vers le ciel.

La musique classique, miroir de l’âme en dialogue avec le divin — Comment ne pas entendre, dans Io ti lascio, cara, addio ou Un bacio di mano, la fragilité des cœurs mis à nu ? Mozart y dépeint la séparation et la tendresse avec une telle profondeur que chaque syllabe semble suspendue entre terre et transcendance. Haydn, lui, rappelle que le théâtre lyrique est aussi une école de vérité : ses airs, joués dans ce lieu de prière, deviennent des miroirs tendus à la conscience. Et puis il y a Vergin tutt’amor, de Durante, sommet du programme. Cette prière mariale, d’une pureté à couper le souffle, transforme l’église en un sanctuaire de recueillement partagé. La voix de Ladu s’y élève comme une offrande, tandis que le pianoforte de Serra, par ses interventions solistes, tisse un silence propice à l’introspection. La musique, ici, n’est plus divertissement : elle est cheminement, ascèse joyeuse vers une beauté qui dépasse l’art pour toucher au sacré.

Un trésor méconnu : l’amère douceur des salles trop vides
Il y a comme une ironie mélancolique à voir ces artistes, habitués aux grandes scènes de France et aux tournées internationales, se produire devant une assemblée clairsemée, presque timide, dans ce coin de Provence où chaque pierre semble pourtant murmurer l’histoire. Comment ne pas regretter cette affluence étriquée, ces rangées de sièges vides qui contrastent avec la grandeur des talents convoqués ? Les habitants, par discrétion ou par routine, laissent filer l’occasion de vibrer à l’unisson de voix et d’instruments qui, ailleurs, soulèvent des foules. Pourtant, c’est ici, dans l’intimité d’une église ou d’une salle des fêtes, que la magie opère le plus fort : sans les projecteurs aveuglants, sans la distance des gradins,

la musique devient un cœur à cœur. Un paradoxe cruel, mais aussi une chance — celle de savourer, presque égoïstement, l’excellence à portée de main. Peut-être faut-il y voir l’appel discret d’un territoire qui, sans le crier, mérite d’être écouté.

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