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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

2026 : EXPOSITION TEMPORAIRE A LA MAISON MUSÉE  (Colmars-les-Alpes) Jupons et pas pantalons !

13 Avril 2026 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Haut Verdon

2026 : EXPOSITION TEMPORAIRE A LA MAISON MUSÉE  (Colmars-les-Alpes) Jupons et pas pantalons !
2026 : EXPOSITION TEMPORAIRE A LA MAISON MUSÉE  (Colmars-les-Alpes) Jupons et pas pantalons !
2026 : EXPOSITION TEMPORAIRE A LA MAISON MUSÉE  (Colmars-les-Alpes) Jupons et pas pantalons !
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2026 : EXPOSITION TEMPORAIRE A LA MAISON MUSÉE  (Colmars-les-Alpes) Jupons et pas pantalons !

2026 : EXPOSITION TEMPORAIRE A LA MAISON MUSÉE 
(Colmars-les-Alpes)
Jupons et pas pantalons !
Vêtements et accessoires de dames en haute vallée du Verdon
 
La Maison Musée a dans ses collections un grand nombre de vêtements et d’accessoires féminins datés d’entre 1830 et 1950. Une partie de ces collections est exposée dans le musée, mais la majorité reposait dans les réserves ! 
Cette exposition est l’occasion de nouer un lien plus fort entre le musée et les habitants. Nombreuses (et nombreux !) sont celles et ceux qui ont répondu à nos sollicitations et qui se sont plongés dans leurs tiroirs afin d’en ressortir leurs vieilles photos de famille, enrichissant ainsi le corps de l’exposition.
Le vêtement est le reflet d’une époque et d’une communauté. Cette exposition présente donc les « dessus » de l’histoire locale ! 
 
Voici une petite introduction à l'exposition, en questions.
 
En 120 ans, comment le vestiaire féminin a-t-il évolué ?
Au 19ème siècle, la façon de se vêtir dans notre vallée reste très ancrée dans les usages locaux du siècle précédent. La tenue féminine se veut essentiellement pratique et confortable, capable de protéger des caprices du temps et assez solide pour être utile à plusieurs générations. Si en 1880, la tenue traditionnelle persiste chez une large partie des villageoises, certaines femmes de la nouvelle génération portent à l’occasion des robes plus modernes, avec une taille marquée et des manches volumineuses. Après-guerre, les vêtements quotidiens deviennent plus pratiques, plus simples, et les tissus plus faciles d’entretien, tandis que les tenues chics sont inspirées de la mode parisienne.

Pourquoi ces collections sont-elles si précieuses ?
 Les longues journées et les travaux variés expliquent souvent le souci d’économie qui faisait porter les vêtements jusqu’à l’ usure la plus extrême, et même jusqu'à ce qu’ils soient transformés en chiffons ! D’où la rareté dans cette exposition de certaines pièces de vêtement et la profusion de tenues de fêtes que les familles ont pris soin de conserver et qui ont pu, de ce fait, arriver jusqu’au musée !
Force est de constater que les collections du musée ne reflètent qu’une partie de la réalité vestimentaire des femmes de la vallée. Nous avons tenté cependant d’illustrer un panel le plus large possible de ce qui pouvait constituer les garde-robes féminines locales.
 
Pourquoi jupons et pas pantalons ?
Jusqu’au milieu du 20ème siècle, il est inconvenant qu’une femme puisse porter un pantalon plutôt qu’une jupe ou une robe. Dans la haute vallée du Verdon, cette règle ne fait pas exception et aucune des photographies qui ont été versées à l’exposition ne montre de femmes (de la vallée) en pantalon, à une exception près.
Aujourd’hui, hommes et femmes sont libres de faire leur choix dans un large éventail de vêtements. Nombre de pièces vestimentaires sont même devenues, au fil des ans, unisexes. Le pantalon permet aux femmes une liberté de déplacement, de mouvement que la robe ou la jupe entravait.
Pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, ce n’est que le 31 janvier 2013 que la loi autorise officiellement les femmes françaises à porter un pantalon ! Le 17 novembre 1800, une loi stipule : « toute femme désirant s'habiller en homme doit se présenter à la préfecture de Police pour en obtenir l'autorisation ». Cette loi est aussi connue sous le nom d'ordonnance concernant « le travestissement des femmes ».
En d’autres termes, une femme en pantalon ressemble... à un homme.
Grâce à deux circulaires datées de 1892 et de 1909, les Françaises sont autorisées à porter un pantalon si elles tiennent par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval, c’est-à-dire pour des activités physiques, et une tolérance existe pour les femmes exerçant un métier d'homme. Puis arrive (entre autres), Coco Chanel… En 1930, elle est la première femme à porter le pantalon dans la vie de tous les jours, même en dehors d’une activité sportive, et crée même toute une collection autour du pantalon. Dans la vallée cependant, cela restera une pièce rare des garde-robes jusqu’aux années 50.


De ternes armoires ?
Les photographies en noir et blanc nous donnent peut-être à tort une image tristounette des vêtements de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle. Déjà, ces photographies ne rendent pas fidèlement les textures et les contrastes qu’offraient aux tenues certaines matières comme la laine, le cuir ou la paille. Ensuite, les étoffes de pays  n’étaient pas systématiquement « couleur de la bête » mais pouvaient aussi être teintes dans les rouge, vert, bleu ou violet. Enfin, les inventaires font état, au 19ème siècle de robes, de jupes, de tabliers, de fichus et de coiffes en coton imprimé d’indiennes, des pièces qui devaient donc être très colorées !

A noter : Cette exposition vise à remettre la couleur là où elle était. Pour « pousser l’imaginaire », des propositions de colorisations sont parfois faites, mais il faut les prendre pour ce qu’elles sont : des interprétations, qui ne doivent donc pas être admises comme réalités historiques.

Y a-t-il eu une mode du Haut-Verdon ?
Qu’entendons-nous par « mode » ? En voici une définition simple (Larousse) : 

« tendance vestimentaire temporaire dans les références ou comportements collectifs, propre à une période donnée et liée à un phénomène d’imitation. Manière de se vêtir, propre à une époque ou à une région en fonction des tendances de saisons ».
D’Allos à Colmars sont produits des cordeillats, cadis et bures en laine utilisés pour confectionner casaquins, jupes, robes, tabliers et pointes (c’est-à-dire des fichus) : « jupon d’étoffe de ménage » (Colmars, 1833), « robe d’étoffe violette de pays » (Colmars, 1833), « tablier de laine » (Allos, 1835), « robe marron » (Colmars, 1883), « pointe en laine marron » (Thorame-Haute, 1892)… L’utilisation de la laine caractérise avec évidence les pratiques vestimentaires locales.

Et puis il y a les textiles importés, les « draps du dehors ».
Et c’est à ce niveau sans doute qu’un panel plus complexe de styles a pu se mettre en place. Car si la vocation première d’un vêtement est de protéger le corps de la femme qui le porte, il est aussi un marqueur d’identité. Il peut être un indicateur de statut social, d’âge, de métier également, reconnu par l’ensemble des membres du village.
Après-guerre, le style change radicalement au point que chaque décennie apporte son lot de nouveautés, que l’on voit apparaître sur les clichés photographiques des familles de la vallée.
Le développement de la presse écrite a aussi permis à de nombreuses femmes de s’intéresser à la mode parisienne, dictée par les grandes couturières et grands couturiers qui ont marqué leur temps dès 1920.  
Alors oui, il y a bel et bien existé sur la période étudiée une « mode locale » !

Remerciements
Nous nous devons de remercier ceux qui ont contribué au montage de cette exposition temporaire. C’est chose difficile à la Maison Musée, tant l’abondance des collections rend complexe toute entreprise de recherche et de sélection en vue d’un tel projet. Commençons donc par remercier Cathy Benoist qui a bénévolement œuvré à conditionner, inventorier, trier, nettoyer et sélectionner de nombreuses pièces de vêtement présentées dans cette exposition.
Pour le partage de leurs photographies personnelles souvent agrémentées d’informations captivantes : Calou Gravier, Aline Marengo, Robert Michel, Marie-Christine Duval, Claude Sicard, Benjamin Garnero, Geneviève Pougnet, Jacqueline Latil...
Pour les relectures : Cathy Benoist, Robert et MJo Michel, Aline Marengo, Marie-Christine Truong, Pierre Andrieu et Cécile Jeanneney. 
 
Exposition visible sur les jours d'ouverture du musée, d'avril à novembre 2026.
Rendez-vous le Samedi 23 mai 2026 à l'occasion de la Nuit des Musées pour l'inauguration de l'exposition, dès 19h, à la Maison Musée (entrée payante tarif réduit à 3 € au bénéfice du musée).
 
Julie Emeric
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F
Merveilleuse idée, bel article, photos attractives (cette jupe fourrée ! ce petit bonnet brodé !). Tout annonce une exposition exceptionnelle.<br /> <br /> Petits détails : dans nos montagnes, les femmes, en jupe, utilisaient des skis (le plus souvent sans bâtons) pour se déplacer lors de leurs activités agricoles. Ce n'est pas le ski qui a tué la jupe mais la bicyclette, avec l'innovation de la jupe-culotte, vers 1910, qui fit scandale. Encore était-il urbain. On a du mal à croire aujourd’hui que dans les années 1935, porter un pantalon, fût-il élégant, sur la Promenade des Anglais de Nice, vous exposait à être emmenée manu militari au commissariat le plus proche, sérieusement grondée et raccompagnée sous escorte chez vos parents !<br /> <br /> Dans les campagnes, les vêtements des femmes (et des hommes !) étaient d'une grande robustesse et d’une extrême simplicité, le plus souvent noirs, parce que souvent reteints, à peu de frais, pour cacher l'usure. Les jours de fête autorisaient un fichu ou un tablier à fleurettes (sur fond noir !), un ruban neuf à la capeline. Pour les hommes, la taillole, d’un rouge vif. Ces « atours » coûtaient fort cher. <br /> <br /> Jusque vers 1960, seules des circonstances exceptionnelles permettaient l'usage de vêtements de textiles recherchés, de couleurs vives, plus souvent dans les armoires que sur le corps des filles. Les robes soyeuses, les ombrelles et les gants, la mode de Paris, de Nice ou de Marseille, étaient surtout le fait de privilégiées de la ville. <br /> Même chez les gens très riches, la modestie de la tenue quotidienne féminine était de mise.<br /> <br /> Quant au refus du pantalon, dans certains milieux ou certaines circonstances, il a perduré plus longtemps que "la moitié du XXè". Il était encore bien vivace en 1965/70 : un président de conseil général d'Ile de France s'était même fait une gloire d'expulser des réunions qu'il présidait toute femme en pantalon, quel que soit son grade ou sa notabilité. Les jeunes femmes se changeaient dans les toilettes avant d'entrer mais les rires étaient jaunes.
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