Propriétaire, libre, open source : comment faire des choix éclairés dans l’univers numérique ?
Chaque semaine, La Minute Numérique de la CCAPV nous plonge au cœur des enjeux et des secrets du monde digital. Aujourd’hui, il nous permette de décrypter un sujet essentiel pour tous les utilisateurs : logiciels propriétaires, libres ou open source. Ces termes, souvent entendus mais rarement maîtrisés, cachent des réalités bien différentes. Derrière chaque application ou programme se cachent des philosophies, des droits et des implications pratiques qui influencent notre quotidien numérique. Saviez-vous que choisir un logiciel libre ou open source peut vous offrir plus de contrôle sur vos données et vos outils, tandis qu’un logiciel propriétaire vous lie souvent à un éditeur ? Dans cette édition, Il nous aide à y voir plus clair pour faire des choix adaptés à vos besoins, que vous soyez particulier, professionnel ou simplement curieux. Car comprendre ces distinctions, c’est aussi mieux protéger sa vie privée et son autonomie dans un monde de plus en plus connecté.
La Minute Numérique
Propriétaire, libre, open source : faire des choix éclairés
Quand on cherche un nouveau programme pour réaliser une tâche avec son appareil, on voit parfois indiqué qu’un logiciel est libre ou open source, mais il existe plusieurs grandes familles d’applications, avec des logiques très différentes, notamment les logiciels propriétaires, les logiciels libres et les logiciels open source, des termes que l’on entend régulièrement sans toujours bien les distinguer. Pour ceux qui connaissent ces termes, ils sont souvent perçus comme une garantie de sécurité vis-à-vis de nos données ou comme une indication de gratuité. Dans ce nouvel épisode de la Minute numérique, nous allons comprendre ce qui se cache derrière ces mots.
Commençons par noter qu’en dehors du domaine technique, pour un usager, les termes logiciels, programmes et applications doivent être considérés comme des synonymes. Les logiciels propriétaires (proprietary software en anglais) sont les plus courants, ceux que la majorité des gens utilisent au quotidien sans forcément le savoir. Un logiciel propriétaire appartient à une entreprise ou à un éditeur qui en garde le contrôle total. Cela signifie que le programme est protégé, fermé, et que l’utilisateur n’a accès qu’à ce que l’éditeur a décidé de lui montrer. On peut l’utiliser, parfois gratuitement, souvent en payant une licence ou un abonnement, mais on ne peut ni voir comment il est fabriqué, ni le modifier, ni le redistribuer librement sans enfreindre les règles d’utilisation acceptées lors du premier lancement ou de l’achat. Tenter de modifier ces programmes sans autorisation constitue une violation de la licence et peut être considéré comme du piratage informatique. Windows, Microsoft Office, Photoshop ou encore la plupart des applications de smartphone fonctionnent sur ce principe. En pratique, cela signifie que l’on dépend des choix de l’éditeur : les mises à jour, les évolutions, la compatibilité avec d’autres outils, ou même l’arrêt du fonctionnement du logiciel ne sont pas entre les mains de l’utilisateur.
Face aux logiciels propriétaires, il existe les logiciels libres (free software en anglais). Le terme peut prêter à confusion car « free » en anglais signifie à la fois gratuit et libre. Ici, on parle bien de liberté. Un logiciel libre repose sur quatre libertés fondamentales : la liberté d’utiliser le logiciel pour n’importe quel usage, la liberté d’étudier son fonctionnement, la liberté de le modifier, et la liberté de le redistribuer, avec ou sans modifications. Pour que cela soit possible, le code source, c’est-à-dire la « recette » du logiciel, est accessible. Cela ne veut pas dire que le logiciel est forcément gratuit, même si c’est souvent le cas, mais surtout que l’utilisateur n’est pas prisonnier d’un éditeur unique. Linux, LibreOffice, Firefox ou VLC sont de bons exemples de logiciels libres largement utilisés que ce soit par des particuliers, des entreprises, des écoles ou des administrations. Derrière, il y a souvent des communautés, des associations ou des entreprises qui travaillent ensemble pour améliorer le logiciel.
On entend aussi beaucoup parler de logiciels open source (logiciel à code source ouvert en français). L’open source est très proche du logiciel libre, au point que dans la pratique les deux se recoupent largement. Là aussi, le code source est accessible, consultable et modifiable. La différence tient davantage à la philosophie qu’à l’usage. Le logiciel libre met l’accent sur les libertés de l’utilisateur, sur une dimension éthique et sociale, tandis que l’open source insiste plutôt sur les avantages pratiques : meilleure qualité du code, sécurité renforcée, développement collaboratif, transparence. Beaucoup de logiciels sont à la fois libres et des projets open source, même si leurs créateurs préfèrent parfois mettre en avant l’un ou l’autre terme selon leur vision du numérique. Car parfois, un projet open source (open source, à code source ouvert) sert de base à un produit destiné au grand public, auquel on ajoute des éléments propriétaires. C’est le cas du système d’exploitation Android de Google : son cœur est libre, mais les versions que l’on utilise sur les smartphones contiennent des services et des applications fermés que l’on ne peut pas modifier.
Dans le quotidien, ces distinctions ont des conséquences très concrètes. Utiliser un logiciel propriétaire, c’est souvent choisir la simplicité immédiate et un écosystème très encadré, mais avec une dépendance forte à l’éditeur. Il faut comprendre que même si l’on a acheté une licence, on n’est jamais totalement propriétaire du logiciel et l’on ne peut pas en faire tout ce que l’on veut. Utiliser un logiciel libre ou open source, c’est accepter parfois une prise en main un peu différente, mais gagner en autonomie, en pérennité et en maîtrise de ses outils et de ses données. Comprendre ces différences permet de faire des choix plus éclairés, notamment en ce qui concerne la confidentialité de vos données personnelles, au-delà de la simple habitude ou de la notoriété d’un logiciel.
Si vous rencontrez des difficultés dans la manipulation des outils numériques, la CCAPV propose des ateliers numériques d’accompagnement gratuits et accessibles à tous, y compris aux professionnels, organisés sur tout le territoire de la CCAPV.
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