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La page poésie d'Odile : Jean Ferrat

18 Septembre 2020 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

La page poésie d'Odile  : Jean Ferrat

Quelques mots sur la page « Les poètes-chanteurs » Jean Ferrat.

Je ne sais pas si ce poète-chanteur ou chanteur-poète, comme on veut, qu’est Jean Ferrat, est connu des jeunes, mais il a séduit toute une génération, par la poésie de ses propres textes et aussi par les poèmes d’Aragon qu’il a mis en musique. Ce magnifique texte, de 1964, qui parle de l’exode rural malgré la beauté de la montagne, a été inspiré à Jean Ferrat par son coup de foudre pour les terres d’Ardèche où il a fini par s’établir. Je suis sûre que vous avez fredonné l’air en le lisant, il est tellement dans les mémoires ! L’opposition entre la magnificence -et la dureté- de la nature, et le miroir aux alouettes qu’est la modernité de la ville, est très forte. D’un côté les hirondelles, les murettes (nos « restanques »), les moutons, de l’autre le formica, le ciné et le poulet aux hormones. Mais aussi d’une part le dur labeur des champs et de l’autre le boulot tranquille à heures fixes. Nombreux sont ceux qui n’ont pas hésité. Ferrat, lui, a fait le contraire et a émigré vers les hauteurs ardéchoises et comme il a eu raison ! Cette chanson a une histoire pour moi, elle a représenté pendant des décennies mon désir de revenir à mes racines, mes attaches, à Saint André ! Avec « Le Sud » de Nino Ferrer. Ces deux chansons ont toujours éveillé chez moi une grande émotion avec les images et les souvenirs qui allaient avec !! …Quant au fameux « Que serais-je sans toi ? », je parodierai en disant : « que d’émotions en toi ! ». Ces anaphores « que », « comme », « qui » répétées comme une litanie ; ces expressions magiques un peu désuètes comme « un cœur au bois dormant », « quinquet de taverne », « ce balbutiement » ; ces rimes si riches : « humaines « lointaines », « fontaines », en font un poème à part entière. Ce qui me frappe aussi c’est la répétition du pronom personnel de la 2ème personne sous toutes ses formes : « toi, tu, te » , qui met en évidence la personne aimée et idéalisée -sinon divinisée- (« bonheur, rêve, nues »… » par opposition à « l’enfer moderne ». Quelle tendresse dans ces vers ! Un véritable hymne à l’amour ! Les couples d’amoureux en illustration et représentés par des peintres d’écoles différentes (impressionnisme ou surréalisme) évoquent cette douceur et cette sensualité. Quant à la Ste Victoire de Cézanne elle est la jonction des deux époques, car l’évolution de la peinture de Cézanne l’a conduit aux portes du surréalisme. Auguste Courbet, peintre réaliste, se situe un peu à l’écart : un géant inclassable décrié par ses contemporains mais encensé par Baudelaire. Donc forcément j’adhère !! « J'ai voulu tout simplement puiser dans l'entière connaissance de la tradition le sentiment raisonné et indépendant de ma propre individualité. » Courbet.

La page poésie d'Odile  : Jean Ferrat

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