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La page poésie d'Odile :  « Le ciel est par-dessus les toits »

15 Juin 2025 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

La page poésie d'Odile  :  « Le ciel est par-dessus les toits »

Quelques mots sur… « Le ciel est par-dessus les toits »…

Albert Mérat, poète plutôt méconnu du XVIIIème siècle, gagne justement à être connu. Considéré par ses pairs (notamment Rimbaud) comme l’égal de Verlaine, il ne connaîtra pas la gloire de celui-ci. Peut-être est-ce dû à sa maladie mentale et son suicide à 68 ans qui lui a fait perdre de son aura posthume? Pourtant il n’est pas le seul parmi les artistes ! Moi j’avoue que j’aime beaucoup cet hommage au ciel, il est grandiose. Il est en alexandrins, ce qui ne gâte rien, et les effets et figures de style ne manquent pas. Observez les deux premiers vers : allitérations en F et V qui sont des fricatives c’est-à-dire que le souffle s’échappe comme un léger vent entre la lèvre supérieure et les incisives, apportant un courant d’air qui s’envole, ouvrant vers l’espace, l’immensité…Les deux vers suivants élargissent encore plus l’espace, avec de nombreuses sifflantes et un style rythmé, voire heurté. Ajoutons à cela un champ lexical très centré sur les astres, les étoiles et le soleil, l’anaphore et répétition du mot ciel (3X) et cela fait beaucoup pour une seule strophe. A noter la forte opposition entre l’immensité du ciel, par conséquent libre, et les astres qui eux, sont « cloués ». Opposition aussi entre « vide », donc sans consistance, et « solide » qui est tout le contraire du vide ; c’est une véritable antinomie, sachant que quelque chose de vide, est rarement solide !! On ne peut analyser ainsi tout le poème, mais il est très riche. Juste, observez l’analogie à la fin du sonnet, les pensées « s’épanouissent » et s’identifient à l’immensité ; de même l’antinomie : les pensées « sonores », association inusitée, sachant que les pensées sont intérieures, mais il est vrai qu’elles font parfois beaucoup de bruit ! Un petit bémol peut-être : des termes peu recherchés genre « sublime », « splendide », «choses », « font »… De ce côté-là, peut mieux faire ! Je vous laisse de quoi « creuser » davantage. Le poème nostalgique de Louise Ackerman est empreint de tristesse et de douceur. Elle fait ressentir à la fois ses émotions, et combien le ciel et la nature peuvent apaiser les cœurs. Les analogies et métaphores : le « naufrage », l’absence de renouveau et de fleurs, ainsi que la personnification du ciel (il « sourit ») et des jours (« naître et mourir ») sont très joliment utilisées dans les derniers vers. Un mot sur les peintures qui illustrent ces poèmes. Ces ciels* sont tous différents et de couleurs violentes ou douces selon le moment de la journée ou l’état d’âme du peintre. Ils vont des teintes éclatantes de van Gogh ou de Dali aux roses pastel de Monet en passant par l’un des symboliques ciels nuageux de Magritte. Notez que les 7 couleurs de l’arc en ciel sont présentes : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet**. La couleur verte, est étonnante pour un ciel, mais Nolde ne recule devant aucune teinte vive pour ses toiles, et quel résultat ! Le cas Nolde ! (De son vrai nom Hansen, Nolde étant sa ville d’origine). La peinture de cet artiste expressionniste allemand très controversé (antisémite notoire, apprécié des nazis puis rejeté pour son art « dégénéré »), me plaît, cela ne s’explique pas. Sa palette de couleurs violentes fait résonner en moi des couchers de soleil flamboyants et des mers violettes déchaînées ; des fleurs éclatantes et des lumières fulgurantes. Concernant le  personnage, bon…disons que ses idées extrémistes ne lui ont pas porté bonheur. Quant au jaune d’œuf de Dali, je le trouve sublime, mais cela n’engage que moi. Cet œuf, une des symboliques de Dali (la femme, la fécondité), transformé en soleil aux larges rayons, autre symbolique (divine cette fois), est à l’image du maître : extravagant et éblouissant.

 

*Des ciels ou des cieux ? Les deux solutions existent, mais avec des significations différentes selon l’emploi. Lorsqu’il s’agit du ciel physique, à savoir l’espace visible au-dessus de nous, délimité par l’horizon et s’étendant à l’espace où l’on peut apercevoir les étoiles, on parle de cieux au pluriel. S’il s’agit de l’aspect (clair, nuageux etc.), on parlera de ciels (des ciels bas et non pas des cieux bas !). Dans le cadre religieux, à savoir le séjour des âmes, des divinités et tout ce qui concerne la puissance divine, on parlera alors de cieux. Quand on parle d’un autre pays ou continent, on pourra également utiliser le terme de cieux : sous d’autres cieux. Le pluriel cieux peut être aussi utilisé en poésie.

**7 couleurs, cela ne fut pas toujours le cas. En effet, dans les textes et les images depuis l'antiquité jusqu'au Moyen Âge, les arcs-en-ciel ont 3, 4 ou 5 couleurs. Alors pourquoi 7 ? La réponse, nous vient d’Isaac Newton et de la musique ! Ayant commencé ses diverses recherches sur la couleur en 1666, et en passant la lumière par des prismes de verre, il parvient à décomposer la lumière blanche en une gamme de différentes couleurs précises. L'expérience est déterminante dans sa conclusion : la lumière du soleil n’est pas fondamentalement incolore mais composée de différentes teintes spectrales et toutes les couleurs, y compris le blanc, sont formées par divers mélanges de ces teintes tout le monde a fait l’expérience du disque de Newton à l’école ! (Source Wikipédia) 

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L
Quelles belles images ! Un régal pour l’œil ! oh l’œuf de Dali …un de ses œufs, car il en a rempli sa maison rêvée, en particulier … <br /> <br /> On a dit de Louise Victorine Choquet qu’elle était pessimiste. Je trouve bien au contraire que son poème est d’une profonde et admirable douceur : difficile d’égaler en simplicité et en discrétion son évocation de la mort de son mari, le linguiste distingué Paul Ackermann, emporté par la phtisie à 34 ans. Cette femme secrète et déchirée depuis l’enfance nous dit, sans emphase inutile, qu’on peut ne pas mourir des pires épreuves. On peut connaître l’apaisement. Si l’on sait voir à quel point les petites choses nous sont secourables dans les moments difficiles : des arbres, un coteau que le printemps refleurit, une plage « heureuse », le parfum des orangers, le climat tiède et serein du Comté de Nice. <br /> <br /> On est loin d’éprouver une émotion de cette qualité avec le poème d’Albert Mérat (XIXè !!!). Pauvreté du style, d’ailleurs reconnue par l’autrice de l’article, et de la prosodie (le huitième alexandrin n’est pas vraiment un modèle du genre !), banalité des images, grandiloquence du discours… Ces « tempes glacées » sous lesquelles les pensées s’agitent comme des chauves-souris m’ont irrésistiblement ramenée à l’époque du lycée où la prosternation du « front chauve » de Victor Hugo provoquait d’interminables fous-rires sans aucun respect pour un des plus beaux poèmes des Orientales et un des plus innovateurs de notre gloire nationale… <br /> Il est assez surprenant d’écrire quelque chose d’aussi pompier après Baudelaire et au moment où la poésie explose avec « Le Bateau-ivre » de Rimbaud. On ne peut que regarder d’un œil soupçonneux les appréciations élogieuses -et très suspectes- de ce dernier sur son irascible aîné. Mérat, « un bon poète » ? il n’y a pas de « bon » poète ! un poète est génial ou n’est rien. Les grands oubliés du tableau de Fantin-Latour en témoignent : ne sont passés à la postérité que les deux « maudits », Verlaine et cet insupportable jeune cinglé. Quant au « pot de fleurs », si fat de sa belle silhouette et de ses traits classiques, qu’il reste donc sur son coin de table… <br /> <br /> Pour finir, rions un peu : <br /> <br /> O Ciel,<br /> Sous tes cieux impavides, <br /> quels moments vivrons nous <br /> avant que d’autres cieux <br /> aux ciels plus clairs<br /> voient notre humble prière <br /> remonter vers Tes Cieux ? <br /> <br /> LUCCA
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