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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

Secret de Fabriques , inventaire minoterie de la Mure Argens

2 Novembre 2012 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Pays A3V

Inventaire à la minoterie de La Mure Argens avant le traitement fongicide

 

Le site internet de “secrets de Fabriques “, des espaces muséographies du pays A3v, nous annonce que l’inventaire des objets de la minoterie de la Mure est en cours avant le traitement ,le dépoussiérage , la désinfection de la structure et des machineries qui va avoir lieu dans les mois à venir.

 


La visite du Conseil Municipal de la Mure Argens en 2008


 

L’état de conservation des machines reste tout à fait remarquable , du moins pour l’analyse du citoyen lambda que je suis , mais nécessite un traitement d’entretien. De nombreux objets sont présents dans les diverses salles, ils sont le témoignage historique de la vie de la minoterie. Le site nous indique que des journées ont été prévues pour permettre de procéder à l’inventaire, des collaborations avec l’association Petra Castellana , la CCMV, la mairie de Castellane sont prévues. Des techniques spécifiques doivent être appliquées; un logiciel permet aux différentes structures de musée du département d’ uniformiser ces entrées ,sur le logiciel FLORA. On nous indique aussi que toutes ces informations on été inscrites sur une base de données pour une future intégration dans le logiciel.


Il semble que d'après les dernières indications, paru dans la presse,  le travail d'inventaire serait intégré dans le logiciel Flora Musée, (voir l'article de présentation de ce logiciel )  et que les fiches objets ont pu être inventoriés en attendant les futures expositions, contrairement à ce qu'il est indiqué plus haut. Informations qui demande donc confirmation, je ne manquerais pas de revenir  dès qu'une réponse officielle me sera transmise.

Ce que l'on sait est que le Conseil Général utilise le logiciel pour la gestion de ces 9 musés , dont 8 sont labéllisés "Musée de France". information sur le logiciel (pdf)

 

 

L’industrie de la farine a été prolifique fut un temps , mais comme beaucoup d'infrastructure industrielle sur le territoire, elle a dû réviser ses ambitions et petit a petit a dû se contraindre à mettre “la clef sous la porte”. L’histoire est riche de faits similaires , j’ai retrouvé dans mes archives personnelles un article de journal , dont je n’ai pas pu analyser la date exacte de parution (vraisemblablement 1963) mais qui montre la base d’activité du moulin dans les années soixante. Je pense que la lecture est tout a fait instructive sur les difficultés déjà présentes pour le maintien de cette industrie.(Qui a pourtant perduré jusqu’en 1972)

 

 

la Minoterie en 1900

 

 

 

 

A travers les activités bas-alpines à la Mure , le meunier n’a guère le temps de dormir.

 

On assure que les Français mangent moins de pain qu’il y a une trentaine d’années… C’est probable. Mais, ils consomment cependant une quantité de farine (sous forme d’autres produits que le pain : biscottes, pâtisseries, raviolis, pour ne citer que cela) qui est loin d’être négligeable !

 

Malgré cette consommation, la meunerie française est en voie de régression : soit que des minoteries ferment, soit que l’on procède à des regroupements industriels nécessités par le marché des farines. Les entreprises qui restent en lice ont, certes, du travail si elles veulent, soutenir un rythme de production rentable. Il est fini le temps des poétiques moulins à vent, du «meunier tu dors… » Et même du meunier Sans Souci à qui le roi de Prusse voulait prendre son moulin ! Aujourd’hui le meunier est un commerçant qui doit se tenir au courant d’une foule de choses, établir des prix de revient surveiller les cours, faire du rendement, s’il ne veut pas disparaître à son tour…

 

Du drap… À la meunerie

 

Au sud-est de la commune de la Mure près de l’Issole qui la sépare de St André les Alpes, prospérait encore, il y a un siècle la fabrique de drap, (devenue la minoterie) de Dol. Fondée en 1902, elle élève ses imposants bâtiments. Entreprise éminemment familiale, elle appartient à Messieurs Firmin Dol et Joseph Dol. Elle est actuellement exploitée par M. Ernest Dol, qui est également maire de la Mure. Fait remarquable : les machines qui datent de la fondation de la minoterie, fonctionnent toujours… Quelques améliorations indispensables mises à part ! Sur une surface de 1000 m², le sous-sol et deux étages sont consacrés à la réception du blé, à son nettoyage, à sa mouture et à l’ensachage de la farine. Ces diverses opérations, précisons-le, sont un schéma très condensé du circuit emprunté, une dizaine de fois environ, par le blé avant de devenir farine. À la minoterie Dol, toutes les transmissions au longues courroies sont groupées dans les locaux du sous-sol. le rez-de-chaussée contient des machines à trier et dépoussiérer le blé qui est également lavé puis séché. Dans une autre pièce située au même plan on retrouvera à la fin du circuit l’ensacheuse de farine. Au premier étage sont alignés les broyeurs, dont les cylindres exécutent la mouture du blé.

 

le produit demi-fini obtenu est alors acheminé automatiquement à l’étage supérieur, où la « boulange » (ce mélange de son, de farine et de gruau » va être blutée dans un «plansichter”. Cet appareil comprend plusieurs blutoirs verticaux séparés les uns des autres, et fournit une variété de farine destinée à des usages différents. Ces opérations de broyage et de blutage (1) sont renouvelés avant d’obtenir le degré de finesse et de pureté recherchée. Le produit fini est ensuite ensaché.

 

Les produits de la minoterie la qualité de farine la plus courante est, bien entendu, la farine panifiable (type 55) qui est extraite en moyenne et selon le poids spécifique du blé à 75 % environ. Bien après les farines spéciales, dites de type 45, dont le taux d’extraction varie entre 65 et 70 % : ce sont les farines de force, pour pâtisserie, la biscotterie, les fabricants de gnocchis, raviolis…. Les sous-produits ou issus, comprennent les sons, puis les petits sons (repasse), utilisés dans l’alimentation animale : vaches, chevaux… En fait, « roulage », pour la nourriture des porcs. Chaque jour ouvrable de 7 à 8 t de blé peuvent être traités à la minoterie de la Mure . En général, ce blé provient des Basses-Alpes et du centre de la France pour la qualité ordinaire (préparateur Étienne rouge de Bordeaux, étoile de Choisy) ; de la Drôme et du Gard pour les qualités supérieures (Florence aurore, Dr Mazet, etc), et de l’Amérique du Nord, pour les Manitoba, red Winter etc. La majeure partie des farines obtenues à la Mure sont livrées dans les Alpes-Maritimes, où les centres urbains ne cessent de voir grimper leur courbe de population . Le reste concerne les livraisons locales : St Andre les Alpes, Barrème, Castellane, vallée du Verdon néanmoins, on constate une disparition progressive des boulangeries dans ces régions : conséquences inévitables du dépeuplement. puisse-t-elle vibré longtemps encore, des bruits familiers de l’industrie locale (Charles Jourdannet )

 

L’article fait aussi état de la retraite du meunier Joseph Maurin, le frère de mon grand-père.

 

La « montre de Maurin »

 

Un fidèle meunier de la minoterie de la Mure, c’est M. Joseph Maurin qui, après 45 ans de bons et loyaux services, vient de prendre sa retraite. En effet, M. Maurin commencera en 1918 d’arpenter le « chemin du moulin ». Depuis cette époque, il ne cessa d’accomplir son travail quotidien, à la satisfaction de tous. Les habitants du quartier avaient tellement pris l’habitude de ces allées et venues ponctuelles qui auraient presque mis en doute l’horloge parlante ! Quant à la « montre de Maurin », elle était presque devenue légendaire !

 

Une industrie qui doit se maintenir.

 

Par suite de certains regroupements, dont nous évoquions plus haut la réalité, la minoterie reste une des rares fabriques de farine de la région de St Andre les Alpes-La Mure . Dans un contexte économique bas-alpin et, ou toute industrie, quelle qu’elle soit, doit être protégée, il est du devoir de ceux qui veillent à l’expansion de notre département de tout mettre en oeuvre pour que vivent de telles industries.


(1) Le blutage est l'opération qui consiste à séparer la farine du son

 

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Andre Laugier 02/11/2012 21:31


Bonjour


que de souvenir en parcourant ce compte rendu quel patrimoine nous detenons avec cette minoterie de la Famille Dol,que de chemin parcouru depuis ou les boulangers etaient aprovisionnés en farine
,la farine DOL merci pour ce reportage et bravo a Marie France.


je te salut Christian  Andre Laugier