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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

Histoire , la venue de Napoléon à Barrême

6 Mars 2013 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Canton de Barrême

 

 

Illustrations © dignois.fr ( espace d'information sur les édifices religieux de Haute Provence et de Corse du Sud)

 

 

 

1814; Napoléon est vaincu. L’Europe coalisée a eu raison des rêves de NAPOLEON de voir la France et sa culture dominer le monde : il est obligé d’abdiquer. Tout semble fini pour l’Empire qui est réduit à un îlot en Méditerranée : l’île d’Elbe. Mais…

Pendant que le congrès de Vienne négocie la recomposition de l’Europe, l’aigle a décidé de s’envoler à nouveau. Le 1er Mars 1815, l’Europe va connaître une période trouble de cent jours: Napoléon s’est évadé. Il débarque à golfe Juan avec 15 000 hommes restés fidèles, qui prennent avec lui la route de Paris. Il s’adresse à la foule et aux soldats :

« Soldats ! Foulez aux pieds la cocarde blanche. Elle est le signe de la honte. Venez vous ranger sous les drapeaux de votre chef. La victoire marchera au pas de charge. L’aigle volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame ! »

Le général Bonaparte est de retour et l’aventure recommence.


-CASTELLANE -BARREME -VENDREDI 3 MARS 1815

L'Empereur arrive pour déjeuner à la sous-préfecture, avec M. Francoul. Pour remercier Francoul, l'Empereur lui promet de le nommer préfet de Digne, dès son arrivée à Paris. Napoléon prend un instant de repos. En ville la troupe et la population fraternisent. A 2 heures on se remet en marche dans les traces de Cambronne car il faut monter le col des Lecques enneigé (1.148 m. d'altitude). Les souvenirs de Napoléon à Sainte-Hélène indiquent simplement qu’arrivé à Grasse, «l’empereur comptait trouver une route qu’il avait ordonnée sous l’Empire: elle n’avait point été exécutée. Il fallut se résoudre à suivre des défilés difficiles et pleins de neige […].» Les kilomètres qui suivent vont être parmi les plus difficiles. Il n'y a pas de routes si ce n'est un sentier muletier qui est l'ancienne «via salinaria», la route du sel, le sel si important à ces époques. Il neige à gros flocons. La troupe s'étire sur une grande distance. Les hommes sont obligés de marcher les uns derrière les autres. Défilé rocheux grandiose, les clues de Taulanne . Un peu plus loin, le village de Senez., la cathédrale romane ,un pont romain ... Par la vallée de l'Asse, Barrême.

Pierre Cambronne, arrivé à 18 heures, après une étape de 46 km, a fait le logement dans la maison du juge Tartanson (1). Quand Napoléon arrive à 20 heures, les rues sont illuminées et tout la population l'attend. Le maire M. Béraud (2) vient au-devant de lui et le mène à la maison du juge, et, rapporte Fabry (3) dans son Itinéraire : «Bonaparte y trouva la femme de Tartanson fils et la salua gracieusement. Cette dame répondit :

-Monsieur, j'ai l'honneur de vous saluer .

Cambronne la prit par le bras et lui dit d'un ton de reproche :

-Madame, c'est L'Empereur !»

Napoléon s'entretient longuement avec le juge, le maire et ses conseillers et ils repartirent tous «plein d'enthousiasme et de dévouement pour sa cause». Pendant ce temps, Cambronne s'occupe du repas de Napoléon. Cambronne fait fonction de maître d'hôtel, et pour compléter le menu familial, soupe de légumes et plat de morue, commande à l'Auberge du Cheval-Blanc, tenue par Joseph Abbès (4) , un rôti de chevreau ainsi que des fruits et des confitures. Voulant dédommager le juge Tartanson des frais occasionnés, celui-ci répondra: «Je ne suis pas aubergiste, je ne fais pas de note !».Pierre Cambronne laisse cinq napoléons sur la table avec un papier spécifiant de donner dix francs aux domestiques. La maison du juge Tartanson existe toujours. Il y a une petite plaque sur le pignon pour rappeler cette nuit.C' était une belle demeure de notable, avant d’être amoindrie par l’ élargissement de la route qui la longeait.(5)

Départ de l'Empereur qui va franchir à nouveau 27 km de sentiers muletiers. Le général Cambronne avec son avant-garde est parti dans la nuit, guidé par un vieux grognard en retraite nommé Garron  , qui va le diriger jusqu'à Bédéjun, La Clappe par le col de Corobin. Peyrusse a conté cette marche: «Nous nous mîmes en route pour nous diriger sur Digne. Le froid était vif, le verglas rendait notre marche très pénible et périlleuse. Nous nous réchauffions au feu des charbonniers que nous trouvions dans ces montagnes. Ils étaient stupéfaits d'étonnement. Ils contemplaient Sa Majesté la bouche béante. L'Empereur marchait à pied, le bâton à sa main ne l'empêchait pas de glisser et de tomber.

- A la bonne heure, il ne faut pas que notre petit caporal se donne une entorse aujourd'hui ! Dit un grenadier. Cette boutade ne déplut pas à Sa Majesté. Elle en rit.»

Napoléon quittait Barrême.

Cambronne a convaincu son logeur de Barrême, François Régis Fabry, ex-directeur des postes d’Illyrie, de se joindre à l’aventure qui prendra fin à Waterloo le 18 juillet. Un jeune officier de Digne partira aussi pour cette dangereuse escapade. Ce sont les premières recrues. Personne jusqu’à Barrême ne s’est joint à la troupe, pas un vieux soldat, pas un jeune enthousiaste, et le fils Tartanson, interpellé par l’empereur, « Vous viendrez avec nous, n’est-ce pas ? » s’est récusé

Anecdotes

La première est celle du mulet chargé d’une partie du trésor qui aurait fait un faux pas et serait tombé dans un précipice où les habitants des alentours auraient longtemps recueilli des pièces d’or en remuant les pierres. L’on sait, depuis la publication des mémoires du baron Peyrusse (7) , que l’accident se produisit le 4 mars 1815, vers 10 heures du soir, dans le ravin des Eaux-Chaudes, à proximité du château de Feston, dans la descente vers Digne. Une caisse contenant 200 000 francs s’étant brisée, Peyrusse aidé de soldats parvint à retrouver l’essentiel de cette somme à la lueur des lanternes, à l’exception de 37 000 francs. Une variante orale prétend que le conducteur du mulet aurait lui-même provoqué la chute de son animal pour revenir ensuite bénéficier du magot; une autre veut même "qu’une des caisses du trésor ait été enlevée par des habitants d’un hameau près du Mousteiret qui auraient tué deux des grenadiers pour s’en emparer. On raconte dans le pays que, lors de la construction de l’actuelle route nationale, deux squelettes auraient été retrouvés à côté des débris d’un coffre portant l’aigle impérial.» .C'est dans le passage d'un de ces sentiers difficiles, plusieurs heures après le passage de Napoléon, qu'un mulet chargé de lourdes caisses, perd pied et tombe dans le ravin. Sous le choc une caisse s'ouvre et 200.000 livres en pièces d'or s'éparpillent dans la neige. Le trésorier Peyrusse en récupère une partie, mais les habitants du pays en retrouveront encore les jours et même les années suivantes dans le torrent où les pièces ont roulé dans les creux des rochers.

Autre récit légendaire qui se situe à l’étape de la Clappe de Bédéjun.

A mi-chemin entre Barrême et Digne, Napoléon fait une halte à La Clappe, hameau de 300 habitants. Il s'installe en face de l'église et un aubergiste lui sert des oeufs et une bouteille de vin de Chabrières. Au moment de payer, l’aubergiste lui aurait réclamé 20 francs.l' Empereur trouve le prix demandé trop élevé : "Les oeufs sont donc bien rares ici! se serait écrié l’empereur – Non, pas les oeufs, mais les empereurs!» aurait répondu l’aubergiste. Selon d’autres versions, la somme aurait été portée à 300 francs.....

Ces distributions d’espèces pourraient avoir joué un certain rôle dans l’attitude des populations à l’égard de Napoléon. Ce dernier écrira ou laissera écrire dans la relation de sa marche publiée dans Le Moniteur du 23 mars 1815: «Le 3, l’Empereur coucha à Barrême; le 4, il dîna à Digne. De Castellane à Digne et dans tout le département des Basses-Alpes, les paysans, instruits de la marche de l’Empereur, accouraient de tous côtés sur la route et manifestaient leurs sentiments avec une énergie qui ne laissait plus de doutes.» Fabry, qui enquête peu après, note qu’à Barrême la population fut d’abord silencieuse, stupéfaite, puis qu’elle illumina le soir ses fenêtres sur l’injonction des soldats, enfin que le lendemain, Napoléon partit accompagné de cris de «Vive l’empereur», émis justement, selon Fabry, par des paysans qui accompagnaient les mulets chargés de bagages.....

 

(2) BERAUD J BAPTISTE MAIRE DEPUIS 01/1813 +05/10/1830 à BARREME 67 ANS Notaire Royal , rue des salles

(3) Fabry (Jean-Baptiste Germain)Avocat et écrivain français, né en 1770, mort en 1821. Après la chute de l'empire, il fit paraître divers pamphlets anonymes contre Napoléon. Dès 1816 paraît à Paris l’Itinéraire de Buonaparte de l’île d’Elbe à l’île de Sainte-Hélène de Fabry, dont l’auteur est visiblement venu enquêter sur place, en particulier auprès des membres de la famille Tartanson qui a hébergé Napoléon à Barrême

 

(4) Joseph ABBES aubergiste 69 ans en 1836(1) Tartanson Charles Auguste + 11 07 1829

(5) maison du juge de paix Tartanson ci joint les 2 hypothéses de "maison"

(7) baron Peyrusse trésorier de l'Empire, et ancien maire de Carcassonne le baron Guillaume Joseph Roux-Peyrusse (1776-1860). « Comptable probe et intelligent » selon les rapports adressés directement à Napoléon, Guillaume Joseph suit Napoléon à l'île d'Elbe et est nommé pendant les Cent-Jours trésorier général de la Couronne.

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