Restitution du stage d‘Elodie Meiffret au Pays A3V Avril -août
2008
effectuée le 15 septembre 2008 à La Mure Argens
La filière de transformation du bois d‘Œuvre du Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var : État des lieux et perspectives
pour l‘avenir
L‘étude complète est disponible à l‘adresse suivante :
Renseignements : Chloé MONTA, 04 92 83 47 17 ou foret@pays-a3v.net
Plan :
I. Contexte local et nécessité d‘une
réflexion sur le bois d‘Œuvre
II. Bilan de la première et seconde transformation des bois d‘Œuvre sur le Pays A3V
III. Pistes d‘actions pour une filière plus dynamique Quelques réalisations en images Liste des personnes présentes à la réunion de présentation du diagnostic
Septembre 2008
I. Contexte local et nécessité d‘une réflexion sur le bois d‘Œuvre sur le territoire du Pays
A3V
Le territoire du Pays A3V dispose de 89 900 hectares de forêts, soit 54 % de sa surface.
En croisant les données de l‘ONF et du CRPF, on estime à 152 000 m3 le volume de bois facilement accessible et
exploitable annuellement. Le bois d‘Œuvre constitue 23 000 m3. Actuellement, seuls 33 000 m3 de bois sont récoltés annuellement, dont 6 500 m3 de bois d‘Œuvre.
La forêt de production du Pays A3V est peuplée à 81% de résineux (pins sylvestres, mélèzes, pins noirs d‘Autriche
et sapins) et à 19% de feuillus (hêtres et chênes pubescents). Ces mêmes essences sont exploitées, dans les proportions indiquées dans le graphe ci-dessous.
La filière bois d‘Œuvre rassemble environ 25 entreprises de transformation qui représentent au moins 62 emplois
(salariés à l‘année et saisonniers). Néanmoins, cette activité est fragile et en 20 ans, 6 scieries ont fermé ou délocalisé leur activité.
Aussi, la filière bois d‘Œuvre apparaît comme un secteur pouvant diversifier l‘économie du territoire du Pays
A3V, mais qui est en difficulté et qu‘il faut conforter. Le Pays A3V a donc encadré en 2008 Elodie Meiffret, étudiante en Master 2 de Développement Rural à Lyon, en stage de 4 mois. Elle a réalisé un diagnostic et des propositions d‘actions à partir d‘une trentaine d‘entretiens effectués
auprès des professionnels et organismes de la filière bois. Les résultats de ce travail sont présentés ci-dessous.
II. Bilan de la première et seconde transformation des bois d‘Œuvre sur le Pays A3V
Le Pays A3V compte 4 scieries de tailles différentes. La première, située à Villars Colmars, traite entre 6 et 7
000 m3 de bois par an, alors que les 3 autres, situées à Beauvezer, Thorame Basse et Barrême, traitent entre 250 à 2 000 m3 de bois par an. Cette activité est en péril, la plus grosse scierie étant
sur le point de fermer. L‘approvisionnement en grumes de ces scieries se fait de deux manières : soit l‘entreprise exploite elle-même le bois qu‘elle souhaite scier, soit elle achète les grumes à
un exploitant forestier.
L‘approvisionnement reste « local » : les coupes qu‘exploitent les scieries elles-mêmes proviennent du Pays A3V
ou des vallées voisines et les grumes achetées proviennent du nord des Alpes de Haute Provence ou des Hautes Alpes.
Dans les 4 scieries du territoire, le mélèze se vend entre 430 et 450 € /m3 HT et le sapin 300 €/ m3 HT. 2
scieries vendent en plus du pin sylvestre, à 280 €/ m3 HT en qualité sciage et 195 € / m3 HT en qualité palettes.
Le bois vendu dans les scieries est du bois vert. Plusieurs prestations complémentaires sont possibles, à la
scierie de Villars Colmars :
Possibilité d‘avoir du bois passé au séchoir + 85€/ m 3HT
Possibilité d‘avoir du bois traité (pin & sapin) + 68€ / m 3HT
Possibilité d‘avoir du bois raboté + 106⁄ € m 3 HT
La clientèle des scieries du territoire se constitue, de manière générale, d‘artisans du bâtiment (charpentiers
surtout et quelques menuisiers). ou de particuliers (résidents principaux et secondaires) qui veulent bricoler chez eux.
La menuiserie ébénisterie
Le territoire du Pays A3V compte 9 entreprises de menuiserie ébénisterie. Il s‘agit presque toujours de T.P.E.,
avec aucun employé ou un seul.
Ces entreprises réalisent du mobilier, des aménagements intérieurs et des huisseries extérieures (volet, fenêtre,
porte). Elles se diversifient en proposant de plus en plus des prestations de pose, s‘éloignant en cela de l‘activité de transformation du bois. Il y a aussi une entreprise particulière, l‘atelier
bois ONF, qui réalise du mobilier d‘extérieur et des panneaux signalétiques.
Leur approvisionnement en bois est très peu local.
En effet, 100%
des artisans font des commandes auprès de négoces, malgré un prix plus élevé, et 5 artisans sur 8
interrogés ne s‘approvisionnement jamais en scierie. Le bois de négoces acheté correspond
davantage à leur demande : du bois sec, des dimensions standards, un plus grand choix dans les essences (classiques, fruitiers, exotiques). Par ailleurs, ce mode d‘approvisionnement est plus
pratique, il leur permet de grouper leurs commandes (produits finis & bois) et plus rapide (livraison sous 15 jours à domicile).
La consommation annuelle de ces entreprises est difficile à évaluer mais on peut l‘estimer à environ 30 m3 / an /
entreprises, en moyenne.
La menuiserie charpente
Le territoire rassemble 6 entreprises de menuiserie charpente. Elles sont toutes installées dans la vallée du
Haut Verdon.
Elles réalisent des travaux de menuiserie, de charpente ou de petite charpente (escaliers, barrières,
mezzanines) et 70% des travaux sont des travaux de rénovation de maisons. Ces entreprises profitent du dynamisme du secteur de la construction du Haut Verdon et disent pour la plupart qu‘elles
bénéficient d‘une bonne clientèle.
Leur approvisionnement en bois est mixte. Pour leurs réalisations en menuiserie, elles achètent généralement du
bois de négoces, pour les mêmes raisons que les menuisiers ébénistes et pour leurs réalisations en charpente, elles se servent dans les scieries.
La charpente 9 charpentier sont majoritairement installés dans le Hut Verdon.
Ils réalisent de la petite charpente, de la charpente traditionnelle, des couvertures et des constructions
ossature bois. 80% des chantiers sont des rénovations.
Ces entreprises bénéficient elles aussi du secteur dynamique de la construction dans le Haut Verdon et sont
relativement prospères.
Ces entreprises ont un approvisionnement en bois local majoritairement. En effet, 80% du bois qu‘elles
consomment provient des scieries locales. Elles y achètent du bois brut : des poutres, du bardage et des grosses sections. Les essences consommées sont le mélèze pour les usages extérieurs et le
sapin pour les usages intérieurs.
Le pin sylvestre est très peu employé, souffrant d‘une mauvaise réputation.
Les charpentiers s‘approvisionnent également chez des marchands de matériaux, pour 20% du bois consommé. Ils y
achètent le bois d‘ossature et certains bois brut, lorsqu‘ils ont besoin d‘essences non locales. C‘est cette catégorie d‘activité qui consomme le plus de bois local. En effet, le bois provenant
des scieries est bien adapté à la demande des charpentiers : le débit sur liste leur permet d‘éviter les pertes, le bois y est moins cher que chez les marchands de matériaux (selon la section,
deux fois moins cher) et le bois vert convient aux réalisations de charpente.
Les créateurs du bois
Enfin, la filière de transformation du bois d‘Œuvre du territoire est marquée par l‘existence de 6 personnes
travaillant le bois à des fins créatives, mais ces activités sont plutôt marginales au sein de la filière. Il s‘agit d‘activités de loisirs ou de complément, qui ne permettent pas aux créateurs
de vivre. Par ailleurs, la consommation de bois est minime et l‘achat de bois est rare.
III. Pistes d‘actions pour une filière plus dynamique
Ces propositions se basent sur l‘état des lieux et ont été alimentées, lors de la réunion, par un débat entre
les personnes présentes.
o L‘ensemble des acteurs reconnaît l‘importance d‘accompagner M. Guirand
dans la recherche d‘un repreneur de sa scierie. En effet, la fermeture de cette scierie provoquerait un ralentissement considérable de la filière de seconde transformation.
o La sensibilisation des artisans aux qualités du pin sylvestre est
indispensable car cette essence a mauvaise presse alors qu‘elle a des qualités mécaniques et esthétiques qui permettraient de l‘utiliser en petite charpente et menuiserie. Il faut donc mettre en
place des exemples de valorisation de cette essence, s‘appuyant sur des professionnels locaux jouant le jeu.
o Pour les menuisiers -charpentiers, il convient d‘améliorer la mise en
adéquation de l‘offre en sciage local avec les besoins de bois de ces professionnels qui s‘approvisionnent encore souvent auprès des négoces.
o Les formes de structuration à envisager passent nécessairement par des
solutions collectives et du partenariat.
Le client est demandeur mais il faut trouver des menuisiers prêts à jouer le jeu de cette valorisation du bois local et du regroupement. Ce regroupement devra impérativement inclure les
entreprises locales qui écoulent le plus de bois (scierie Guirand, atelier bois ONF) et travailler avec l‘Interprofession et les Chambres consulaires.
Des regroupements dans la vallée du Haut-Verdon ont déjà été tentés mais n‘ont pas duré pour des problèmes
d‘individualisme. Certains acteurs locaux semblent encore sceptiques du succès possible d‘un regroupement d‘artisans (sous une forme juridique qu‘il convient d‘étudier) mais reconnaissent que
c‘est souvent la seule solution possible pour se moderniser ou acheter du matériel coûteux. Le Pays peut commencer par proposer des visites de collectifs existants sur d‘autres territoires.
Elodie détaille déjà dans son rapport le travail commun mené en Lozère par des artisans menuisiers pour remettre au goût du jour du mobilier d‘intérieur traditionnel en pin
sylvestre.
o Des pistes de développement existent : -construction-bois :
Les collectivités sont demandeuses mais restent prudentes car en terme de chalet bois, les entreprises
industrielles sont plus compétitives que les professionnels locaux mais elles ne connaissent pas le comportement à long terme du bois qui provient d‘Amérique, d‘Europe de l‘Est ou de
Scandinavie.
L‘ossature-bois pourrait connaître un potentiel de développement intéressant sur le territoire car cette
technique nécessite des bois de petites dimensions et de qualité moyenne. Pourtant cette filière reste peu connue des artisans, des collectivités et des particuliers. Il y a donc un travail de
formation et de sensibilisation à mener.
En terme de construction bois chez les privés, les collectivités ont également un rôle actif à jouer dans
l‘évolution des formes architecturales préconisées dans les vieilles règles d‘urbanisme. Il convient de s‘appuyer sur l‘inventaire du patrimoine actuellement réalisé à l‘échelle du
Pays.
Le parpaing bois massif est un produit innovant et nouveau qui parait intéressant pour valoriser du bois de
faibles dimensions et de qualité moyenne. C‘est une piste à creuser, sur les techniques de production, les résultats de la construction, les coûts, etc.
- planchers , lambris :
Plusieurs artisans ont exprimé l‘opportunité sur le territoire de créer ces produits en mélèze ou en pin
sylvestre. En effet, la demande locale existe et cette filière permet de travailler des bois de qualité moyenne et de rester dans des produits de petites dimensions. Les financements européens
LEADER pourraient intervenir sur un projet d‘atelier collectif de transformation pour du plancher. Cette idée est à recouper avec les initiatives précédentes de l‘interprofession. Il faut
cependant noter que l‘engouement pour les énergies renouvelables provoque l‘utilisation croissante du plancher chauffant (incité également par les aides publiques) qui n‘est pas compatible avec
le plancher bois.
- sensibilisation du public / de l‘ensemble des acteurs :
Participer à des salons et expositions sur le bois, s‘appuyer sur la Maison de produits de Beauvezer, organiser
des visites d‘ateliers sont autant de pistes d‘actions possibles. Le Conseil de Développement a déjà mené en 2008 des visites de maisons éco-construites et le Parc Naturel Régional du Verdon
réalise aussi des actions de promotion du bois comme matériau de construction (fête du bois, visites de maisons en bois, projet de plate-forme de tri). Le Pays doit réfléchir à une
sensibilisation de l‘ensemble des acteurs de la filière : les collectivités, les architectes et les artisans locaux (maçons y compris).
o Le stockage et le séchage du bois sont des problèmes importants et
permettraient de faire baisser les coûts des produits transformés. Une cellule de séchage ou une plate-forme de tri-stockage pourraient être envisagées mais ces opérations semblent encore lourdes
et difficiles à mettre en place aux yeux des acteurs locaux. Elles doivent découler d‘une motivation collective forte et d‘une rentabilité économique avérée.
o Le manque d‘histoire locale fait qu‘il n‘existe pas de gamme typique et
traditionnelle de meubles en bois. L‘importance des résidences secondaires laisserait penser qu‘il existe un créneau pour des menuiseries en bois local au cachet « rustique » mais les artisans
locaux ne sont pas assez compétitifs par rapport aux entreprises industrielles proposant déjà ces produits.
Restitution 15/09/2008 La Mure Argens
Le memoire visible sur le site de ABSL nicolas fabri de peiresc
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