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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

11 juin 1944,11 juin 2011, il y a 67 ans, les associations se souviennent

18 Juin 2011 , Rédigé par verdon-info Publié dans #St André les Alpes -

 

 

Les associations locales d’anciens combattants et les municipalités commémorent avec ferveur et patriotisme la mémoire des combattants de l’ombre qui ont péri lors de cette journée tragique du 11 juin 1944. Ce 11 juin, après la commémoration à St Julien du Verdon, les associations patriotiques sont allées déposer des gerbes à Moriez, au Col des Robines puis a Saint André les Alpes devant l’église. La commémoration sur Barrême n’a pu avoir lieu cette année pour cause de travaux sur la route (qui ont nécessité le retrait temporaire de la stèle).

C’est Roger Lamotte qui officia pour le dépôt de gerbes a st Andre les Alpes . Il est toujours présent avec la même ferveur pour faire revivre les souvenirs de notre histoire.


Le Maire de Saint André les Alpes, Serge Prato , profitera de l’occasion pour informer qu’une exposition aura lieu du 5 au 10 juillet à la salle polyvalente de Saint André les Alpes. Charles Pellegrino de Clumanc   "La Résistance au pays des Trois Asses" y participera, ainsi qu’un deuxième exposant qui viendra l’enrichir de documents d’époque. Des rencontres ont eu lieu et d’autres auront lieu pour finaliser la coordination et l’organisation de cette manifestation. Le 9 juillet, pendant la journée de la résistance, à l’issue de la commémoration à Lambruisse de l’attaque de la Ferme de LAVAL, des rencontres auront lieu à la salle polyvalente de Saint André les Alpes avec des témoignages de résistants, une conférence, une table ronde et, en soirée, une projection du film « Les Maquisarbres » sur le rôle des arbres dans les faits de résistance.

 

Tout s'est cloturé par le traditionel verre de l'amitié , offert par la municipalité  en l'occurence ici ce sera à la terrasse du bar "Le France "

Pour plus de détails, se rapprocher de l’Office de Tourisme de Saint André les Alpes.

 


On peut trouver sur le site du musée de la résistance des informations historiques sur la journée du 11 juin 1944 : en voici quelques extraits

 

11 juin


Dans la nuit du 10 au 11 juin, la Gestapo de Nice rassemble en hâte, aux Nouvelles Prisons, treize prisonniers Résistants. Il y a tout lieu de penser qu’ils ont été demandés par la Gestapo et la Kommandantur de Digne qui veulent terroriser la population du Haut-Verdon insurgé. Il faut les conduire d’urgence dans le secteur de Saint-André-les-Alpes. Sont ainsi embarqués sur des camions, des Résistants arrêtés en mai à Nice, à Antibes et à Puget-Théniers, ainsi que les cinq lycéens arrêtés quelques jours auparavant dans l’affaire du maquis du Férion.

Sous escorte de troupes allemandes, le convoi prend la route de Grasse. C’est, qu’en effet, les confins des Alpes-Maritimes et des Basses-Alpes sont dangereux pour les Allemands, soumis aux embuscades des maquisards qui interdisent la Nationale 202. Le pont de Gueydan a sauté.

Au carrefour de Bar-sur-Loup, le convoi stoppe. Pierre APPOLIN, 23 ans et Joseph GRAFFINO, 19 ans, deux Résistants d’Antibes appelés hors du camion, sont abattus au bord de la route.

Le convoi repart pour un long trajet de route de montagne et parvient, au lever du jour, près de Saint-Julien du Verdon. Il s’arrête au carrefour des trois routes là où, le 6 juin, les Allemands ont subi le feu meurtrier des maquisards.

On fait descendre les onze prisonniers, on leur retire les menottes : « Partez, vous êtes libres ! » Au bout de quelques mètres, les rafales de mitraillettes abattent les malheureux. Ceux qui gémissent encore aux coups de pieds qu’on leur donne, reçoivent le coup de grâce. Au village, de l’autre côté de la butte, on n’a rien entendu.

Cependant, à Saint-André, les Allemands venus de Digne attaquent déjà au col des Robines.

Capitaine TROUYET

Dimanche 11 juin. Attaque des Allemands à l’aube. A trois heures du matin, ils tâtent le col avec une automitrailleuse et des panneaux pour déceler notre défense. Puis, dès le jour, ils manœuvrent pour nous déborder en nous arrosant de coups de mortiers et d’armes automatiques. Nous tenons jusqu’à 11h 30. A ce moment, nous sommes largement débordés et obligés de décrocher.

Emile GIRARD

Nous avons passé la nuit dans la forêt, près de la sortie du tunnel que nous avons obstrué avec toutes sortes de matériaux. A l’aube, nous entendons la fusillade sur le col, qui dure un grand moment puis se calme.

Ayant entendu des bruits dans le tunnel nous tirons au hasard quelques rafales, dans l’ouverture, mais rien n’en sort.

Paul SALIVA

Le 11 juin à l’aube, nous sommes onze à tenir l’embuscade de protection en direction de Saint-Julien et Castellane, au pont sur le Verdon. La vallée est, ici, resserrée et la route est dominée, côté gauche de la rivière, par la voie en construction, en vue du futur lac de barrage et qui passe dans deux tunnels. Le fusil-mitrailleur, toujours tenu par « Totor », est placé rive droite avec quatre hommes, pour contrôler la route sur une assez longue distance. Moi-même et six gars, dont deux Russes, montons nous embusquer au niveau du tunnel amont, à chaque extrémité.

Au lever du jour, une colonne ennemie est annoncée par deux motards qui entreprennent de dégager le pont que nous avons obstrué. Nous mitraillons les motards, mais les camions d’Allemands suivent et stoppent au-dessous de nous. Le fusil-mitrailleur tire longuement. De notre côté, nous envoyons grenades et gamons sur les camions. Suit un long moment de silence, qui se termine par les explosions d’obus de mortiers. J’ai envoyé un des nôtres, Robin, au-dessus du tunnel pour surveiller l’ennemi. Je le rejoins et le trouve avec un bras disloqué par un éclat.

J’ai des difficultés à me faire entendre de mes camarades en pleine action, sous le feu ennemi. Mais j’entends, de l’autre côté de la rivière, « Totor » m’annoncer qu’il a l’ordre de repli. Avec mon groupe, se trouve un jeune « légal » de Saint-André. Il nous mène à un passage à gué du Verdon que nous traversons avec de l’eau jusqu’à la poitrine.

« Jean-Louis » est là, sur la route, avec sa traction. Il nous reconduit vers Saint-André : nous sommes onze dans et sur la voiture.

Henri HUTINET

Col des Robines, 8 heures 30. Ordre de repli sur la gare. Les blessés de la veille ont pris la micheline et vont vers Barcelonnette .

Route de Castellane. Huit tués contrôlés, un blessé au bras F.T.P.. Ordre de repli. Je vais les chercher en voiture et je tire au mortier pour protéger leur repli. Mais les obus sont des fumigènes. Pourtant, les Allemands croient à une contre-attaque et n’avancent pas, jusqu’à midi.

Paul SALIVA

Nous n’atteignons pas Saint-André : un pneu crève et la voiture surchargée dévie et vient heurter violemment un poteau. Le jeune camarade « légal » (16 ans environ), juché sur l’aile droite, est projeté à terre, une jambe sous la roue. Nous parvenons à soulever la voiture pour le dégager mais il faut maintenant le porter. « Laissez-moi, dit-il, vous allez vous faire prendre. » Nous le cachons dans les buissons du bord de la rivière ; il veut que nous lui laissions une grenade. Il sera sauvé par la suite : après, la venue des Allemands, un paysan alerté, le cachera dans le foin de sa charrette.

A Saint-André, nous remontons sur le col des Robines, où nous tiraillons encore un moment pour protéger le repli.

Emile GIRARD

Toujours en faction à la sortie du tunnel nous attendons, lorsque mon frère, qui a fait quelques pas en arrière, aperçoit des soldats allemands accroupis dans les broussailles, venant vers nous dans notre dos ! Nous décrochons précipitamment, dans la tranchée profonde de la voie ferrée, très en colère de ne pas avoir reçu, nous aussi, l’ordre de repli.

Capitaine TROUYET

Au pont Saint-Julien, les boches n’ont pu passer. Les attaquants étaient des soldats en uniformes noirs à tête de mort. Bilan de l’opération : 70 boches tués, nombre de blessés inconnu. Deux blessés chez nous, achevés sur le terrain .

Henri HUTINET

A Saint-André, accident de voiture (pneu crevé). Un blessé grave.

Plusieurs camarades s’en vont à la dérive. Repli à pied, par la montagne, puisque nous sommes coupés côté hôtel Lac et Forêt. Repli sur Allons, l’autre détachement se replie sur Lambruisse.

 


RECHERCHES :

Revenons à Saint-Julien du Verdon, à l’aube de ce 11 juin 1944. C’est dimanche : l’abbé Isnard se rend à vélo à Castellane pour y célébrer la messe. Il croise des camions chargés de soldats allemands qui le mettent en joue et rient. Peu après, il entend des coups de feu.

M. REYBAUD, maréchal-ferrant, arrive à sa propriété au carrefour des routes de Nice et de Castellane et découvre, dans un pré, des corps d’hommes étendus, immobiles. Vers 10 heures, il en informe l’abbé, de retour de Castellane. Il y a neuf morts par fusillade, certains très jeunes, chacun une blessure à la tête et deux blessés graves, placés un peu à l’écart.

Les blessés sont transportés et cachés dans l’ancienne église paroissiale, tout en haut du village. Des femmes se relaient auprès des blessés. Les habitants ont tout à craindre : la tuerie a eu lieu à l’endroit de l’embuscade du 6 juin, après laquelle les Allemands ont fouillé le village, molestant les habitants, emmenant le maire, M. MARTEL, dont on n’a plus de nouvelles.

Dans l’après-midi du 11 juin, une colonne de camions allemands, ayant quitté Saint-André en direction de Digne, tombe sur une embuscade avant Barrême. Voici le rapport du chef de détachement F.T.P. :

DICK :

Mission : barrage sur la route de Barrême à Saint-André, le 11 juin 1944. Lieu : 100 mètres au-delà de la scierie. Arrivés sur les lieux : vers 13 h 30. Installation : mitrailleuse, lance-bombes, tirailleurs en ligne oblique, grenadiers à gauche de la route sur mamelon. Repli prévu par le bois, au-dessus de la voie ferrée.

Les boches arrivent vers 15 h 45. Apparaissent d’abord quatre camions ; n’en voyant plus derrière, je donne le signal du feu. Les boches s’arrêtent, essaient de sauter hors des camions mais, déjà, la mitrailleuse crache la mort ; mitraillets et mousquetons suivent. Les grenadiers, en face, lancent leurs engins sur le premier camion.

Tout à coup, je vois sur notre droite les boches qui nous tournent et un de leur F.M. se met à nous arroser. Je comprends qu’ils sont plus de quatre camions et, à 16 h, j’ordonne aux mitrailleurs de se replier puis, sur un coup de sifflet, c’est le repli général.

Résultat : chez nous, un mort. Fait prisonnier et assassiné après. C’est un jeune des Jeunesses Patriotiques, « Baptiste » . Chez les boches, on peut compter de 20 à 30 morts et des blessés. Eux-mêmes en ont avoué 8 à Barrême.

Avons perdu 3 mitrailleuses. Sommes rentrés au camp, à 1 heure du matin. A signaler, le sang-froid de tout le monde pour une première sortie et, en particulier, Bob, Jacquet, Blum, Bernard et le gendarme qui était avec nous.

Les boches ont aussi mitraillé un paysan qui binait ses lentilles, derrière nous, après notre repli. Nous l’avions averti mais il n’en a pas tenu compte.


RECHERCHES :

A Saint-André, l’après-midi, les Allemands rassemblent tous les hommes sur la place, contrôlant les identités, interrogeant. Mais voilà que, de la route venant du Haut-Verdon, surgit une moto montée par deux maquisards. L’un d’eux, Ernest GIRARD, de Colmars et un prisonnier du col des Robines, « Daniel » GRIEBERT (nom parfois orthographié KRICQUEBERT) sont conduits devant le mur de l’église et sont fusillés.

Ernest GIRARD précédait la voiture du capitaine TROUYET, de l’A.S., qui s’était témérairement aventuré dans la ville et qui échappait de justesse à la mort. Quelques hommes seront emmenés par les Allemands et trois seront déportés : Frédéric BOYER, Delazio FIORI, Henri REBUFFEL.

A Saint-Julien, l’abbé ISNARD cherche à soigner les deux blessés, très affaiblis et qui n’ont pratiquement rien dit. Il part à bicyclette à Castellane, ne trouve pas le médecin, revient et va à Saint-André d’où il ramène le docteur DOZOUL, lui aussi à bicyclette. Après examen, le docteur prodigue quelques soins mais déclare que ceux-ci sont inadaptés à l’état trop grave des blessés et qu’ils sont perdus. De fait, l’un meurt peu après. L’autre mourra dans la nuit.

 

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