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La page poésie d'Odile : « Profiter du temps qui passe… »

3 Avril 2020 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

La page poésie d'Odile  : « Profiter du temps qui passe… »

Quelques mots sur la page « Profiter du temps qui passe… »

Puisque nous avons « le temps », parlons un peu de Salvador Dali. C’est qu’il en faut du temps pour s’attaquer à un morceau comme cet Espagnol de génie ! C’est le spécialiste du temps, on peut même dire qu’il en est obsédé. Sur ce tableau communément appelé « Les montres molles » on voit les montres dégouliner, comme l’eau dans une clepsydre*. C’est en observant un camembert coulant sur le bord de l’assiette que cette image s’est imposée à lui. Le monde de Dali est onirique et bien entendu donne lieu à des transpositions surréalistes et pleines de symboles. (On retrouve souvent l’œuf symbole de la vie, les tiroirs symbole de la fécondité, la béquille, les insectes etc.) 

Ces montres sont toutes spéciales. Celle recouverte d’insectes réfère sans doute à la mort, comme l’arbre qui est mort lui aussi et n’a plus qu’une branche. Les fourmis, souvent présentes dans les œuvres de Dali qui les déteste, sont régulièrement un symbole de putréfaction. Cette œuvre dérange par les divers sentiments qu’elle provoque. A noter l’opposition entre la quiétude du paysage et l’angoisse provoqué par ces montres métalliques qui fondent lentement. La vie et la mort (réflexion intérieure) sont contrebalancées par le paysage chaleureux (réalité extérieure).

Pour les textes proposés, il s’agit aussi du temps passé puisque je poste souvent des poésies apprises à l’école dans la classe de mes parents. Celle de Verlaine m’a toujours touchée par la nostalgie et la douceur qui s’en dégage. Je me souviens que ce vers : « Le vieux tremble sa plainte sempiternelle » m’a posé problème car je croyais qu’il s’agissait d’un « vieux qui tremble ». Mais pas du tout ! le tremble est un arbre (peuplier) dont les feuilles semblent frissonner et ont un éclat argenté, et le verbe « fait » n’est pas répété, (il est sous-entendu pour éviter la répétition), ce qui donne en français ordinaire : « le vieux tremble fait toujours sa plainte sempiternelle ». Ce sonnet est très musical grâce aux répétitions (« comme avant », aux inversions du sujet, aux renvois à la ligne (l’humble tonnelle De vignes folles) et aux nombreuses et belles rimes riches (chancelle, étincelle). La Velléda* est une statue représentant une prophétesse romaine. Le réséda une plante. Tous ces mots étranges ont rendu ce poème, à mon esprit d’enfant, spécial et mystérieux.

Cela fait longtemps que je ne vous ai plus parlé de Claude Roy. (Journaliste et écrivain contemporain, proche de Mitterrand). Moi j’aime beaucoup. Il est parfois énigmatique, tout en utilisant des mots simples ; mais ce poème est très accessible. J’adore l’antinomie : « Depuis qu’il se fait tard j’ai du temps devant moi », d’ordinaire on dit plutôt que le temps presse et qu’il passe vite quand on n’en a plus beaucoup. Claude Roy dit le contraire : on a le temps d’attendre quand on est vieux, sans doute parce qu’on n’a plus que ça à faire ! (À condition que la mort nous laisse encore le temps !)

 

*Clepsydre : sorte d’horloge à eau dans l’antiquité

*Véléda signifie « voyante » en gaulois

 

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