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Actualites locales Moyen et Haut Verdon, Pays A3V

La page poésie d'Odile : Au temps où longuement j’avais souffert

13 Avril 2016 , Rédigé par Odile-verdon-info Publié dans #Image et poésie

Poème très doux de Verhaeren, notre poète belge, aussi flamand de cœur que francophone de langue. Des vers aux pieds irréguliers mais qui coulent cependant grâce à leur alternance régulière, une lumière douce, une chaleur du foyer assortie à une chaleur humaine; tout cela nous envahit d'un extrême bonheur tranquille. Cela me rappelle un poème de Fernand Gregh: "Nous sommes là, ce soir, paisibles sous la lampe. Mon père lit, sa main pâle contre sa tempe ; Mon frère est accoudé, les yeux ailleurs, auprès De ma mère qui brode avec ses doigts distraits Où luit le reflet lent du foyer sur ses bagues" ;

Notez le champ lexical de la lumière: "lumière, luit, clarté, claire, flammes, lumière". Et admirez les deux derniers vers qui font office de chute: d'une magnifique simplicité.

Au temps où longuement j’avais souffert

Au temps où longuement j’avais souffert,
Où les heures m’étaient des pièges,
Tu m’apparus l’accueillante lumière
Qui luit aux fenêtres, l’hiver,
Au fond des soirs, sur de la neige.

Ta clarté d’âme hospitalière
Frôla, sans le blesser, mon cœur,
Comme une main de tranquille chaleur.

Puis vint la bonne confiance,
Et la franchise, et la tendresse, et l’alliance
Enfin de nos deux mains amies,
Un soir de claire entente et de douce accalmie.

Depuis, bien que l’été ait succédé au gel,
En nous-mêmes, et sous le ciel,
Dont les flammes éternisées
Pavoisent d’or tous les chemins de nos pensées,
Et que l’amour soit devenu la fleur immense
Naissant du fier désir
Qui sans cesse, pour mieux encor grandir,
En notre cœur se recommence
Je regarde toujours la petite lumière
Qui me fut douce, la première.

Emile Verhaeren, Les Heures claires

La page poésie d'Odile  : Au temps où longuement j’avais souffert

Ce tableau représente la famille Desmoulins, il est d'une douceur infinie, regardez la main de la jeune-femme tendrement posée sur celle de son mari, celle du bébé sur la tête de son père, le regard plein d'amour de l'homme vers sa femme, cette toile du peintre David représente bien la douce chaleur du poème, sauf si l'on sait que le couple Desmoulins a été exécuté peu de temps après, nous étions en pleine révolution française...Pour accompagner cette scène je vous propose un extrait de l'opéra "Les pêcheurs de perles" de Bizet par le divin Roberto Alagna et sa voix de velours : "Je crois entendre encore

 

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