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La page poésie d'Odile : la Musique

22 Janvier 2016 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

De nouveau un Baudelaire aujourd'hui, désolée d'y revenir souvent, mais je pourrais vous offrir pire ! B. nous a prouvé qu'il était sensible au rythme, aux sons ("Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir", "Valse mélancolique et langoureux vertige"), dans ce poème la métaphore de la mer nous emporte dans un tourbillon, notez le champ lexical qui concerne l'océan, il est immense. Notez également le rythme balancé sur deux vers, le deuxième vers court s'opposant à l'alexandrin. La tempête des romantiques roule dans ce texte un peu atypique de sa poésie habituelle, il ne lui ressemble pas dans la forme, mais ô combien dans le fond ! Je vous laisse admirer la perfection du dernier alexandrin: 12 pieds parfaitement césurés en 4 tranches: 3/3/3/3, qui apporte le calme définitif.

La musique

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile
La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;
Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions
Sur l'immense gouffre
Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Charles Baudelaire (1821- 1867)

 

La page poésie d'Odile  : la Musique

"Pour moi, l'oeuvre de Baudelaire, mon poète préféré, évoque Turner, et jusqu'à aujourd'hui je ne savais pas pourquoi, à part qu'ils étaient tous deux furieusement romantiques, ce qui est une évidence. Cet article trouvé sur le Net et faisant curieusement écho à ma pensée m'a ouvert les yeux:

"J'ai cherché vainement chez Baudelaire quelque référence à Turner. L'anglophile poète français (1821-1867), le critique romantique , inventeur du concept de modernité en art, ne cite nulle part le peintre londonien Joseph Mallord William Turner (1775- 1851) ni parmi "Les Phares", ni dans les "Fleurs du mal", ni dans les "Curiosités esthétiques" où les "Salons".

Les connivences sont pourtant évidentes entre ces deux immenses artistes partagés entre attraits de l'ordre classique et embrasements romantiques. Tous deux ouvriront le chemin aux ultérieures aventures de la modernité. Baudelaire a probablement rencontré l’œuvre de Turner lors de l'exposition universelle de Londres en 1851 tandis que la France ne la découvrit qu'à partir de 1876. Comment n'aurait il d'ailleurs pas aimé ce qu'en retient notre regard "moderne": la sauvagerie des éléments naturels, l'or des soirs et des matins, les départs, funérailles, nocturnes éclaboussés d'incendies, les naufrages, tempêtes, avalanches. Romantique, original à réputation d' excentrique".

Voilà tout est dit, et bien mieux que ce que je l'aurais fait moi-même. Et pour accompagner le somptueux Charles et le flamboyant Turner, voici l'explosif Wagner, avec son Crépuscule des Dieux". Une page incendiaire !

(Cette entrée a été publiée dans Actualité, Chantiers de la Peau de l'ours: esthétique et théorie, Fiches de lecture, L'art et son public)

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