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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

La page poésie d'Odile : Par toi, ami, tant vécus enflammée (Louise Labé)

13 Décembre 2015 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

Les poèmes de Louise Labé ("La belle Cordière") sont toujours très "enflammés", ("Je vis, je meurs : je me brûle et me noye. J'ay chaut estreme en endurant froidure"), et celui-ci tout particulièrement. Le texte en vieux français en fait tout le charme et notamment les inversions de termes qui rendent la lecture difficile, certes, mais apportent cette touche désuète incomparable. Contemporaine de Du Bellay et Ronsard, elle ne fait pas partie de La Pléiade comme eux, mais de l'Ecole de Lyon. Son œuvre est mince mais exprime les tourments de la passion. Voici un épigramme que Clément Marot a dédié à sa beauté:

Louïze est tant gracieuse et tant belle,

Louïze à tout est tant bien avenante,

Louïze ha l'œil de si vive estincelle,

Louïze ha face au corps tant convenante,

De si beau port, si belle et si luisante,

Louïze ha voix que la Musique avoue,

Louïze ha main qui tant bien au luth joue,

Louïze ha tant ce qu'en toutes on prise,

Que je ne puis que Louïze ne loue,

Et si ne puis assez louer Louïze.

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Par toi, ami, tant vécus enflammée (Louise Labé)


Tu es, tout seul, tout mon mal et mon bien ;
Avec toi tout, et sans toi je n'ai rien ;
Et, n'ayant rien qui plaise à ma pensée,
De tout plaisir me trouve délaissée,
Et, pour plaisir, ennui saisir me vient,
Le regretter et pleurer me convient,
Et sur ce point entre en tel déconfort
Que mille fois je souhaite la mort.
Ainsi, ami, ton absence lointaine
Depuis deux mois me tient en cette peine,
Ne vivant pas, mais mourant d'un amour
Lequel m'occit dix mille fois le jour,
Reviens donc tôt, si tu as quelque envie
De me revoir encor' un coup en vie ;
Et si la mort avant ton arrivée

A de mon corps l'aimante âme privée,
Au moins un jour viens, habillé de deuil,
Environner le tour de mon cercueil,
Que plût à Dieu que lors fussent trouvés
Ces quatre vers en blanc marbre engravés :

Par toi, ami, tant vécus enflammée
Qu'en languissant par feu suis consumée,
Qui couve encor sous ma cendre embrasée
Si ne la sens de tes pleurs apaisée.

"J'ai choisi ce tableau de Rembrandt: "Bethsabée au bain tenant la lettre de David" dit: "La femme triste", pour l'expression du visage. Rembrandt (on l'appelle par son prénom*, comme Michel-Ange) a représenté ses personnages sans concession, avec des rides et des défauts, c'est un des plus grands peintres de l'histoire qui est pourtant mort sans argent, car vivant au dessus de ses moyens pourtant considérables.



* son patronyme est Harmenszoonvan Rijn, vous comprenez pourquoi on l'appelle par son prénom...

Comme musique, je vous propose Chopin, la très célèbre étude "Tristesse" op.10 n°3".

La page poésie d'Odile  : Par toi, ami, tant vécus enflammée (Louise Labé)

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