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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

La Page poésie D'Odile : Vieille chanson du jeune temps

31 Octobre 2015 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

Allez, revenons à du classique et du choix sûr: notre bon vieil Hugo que nous avions laissé en paix depuis longtemps pour écouter les dames. Cette poésie toute fraîche me fait penser à "Rosa Rosam" de Jacques Brel ou "on n'est pas sérieux quand on a 17ans" de Rimbaud. Ce vers décalé à chaque fin de strophe pour afficher le constat "lamentable" ("les merles me sifflaient") et qui termine le poème de façon très forte, cette répétition du prénom, cette insistance sur chaque partie du corps "œil","yeux", "bras," pied," sourire," qui ne trouve pas d'écho, bref, une chanson romantique, un vrai chef d'œuvre...(mais c'est un pléonasme pour les œuvres d'Hugo)

Vieille chanson du jeune temps

Je ne songeais pas à Rose;
Rose au bois vint avec moi;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres;
Je marchais à pas distraits;
Je parlais des fleurs, des arbres;
Son oeil semblait dire: -Après?-

La rosée offrait ses perles,
Les taillis ses parasols;
J'allais; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l'air morose;
Elle vingt; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches;
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse
Sur les mousses de velours;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure;
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
-Soit; n'y pensons plus! -dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.

Victor Hugo

La Page poésie D'Odile   : Vieille chanson du jeune temps

Pour un Hugo: un Renoir ! Un monstre sacré pour accompagner un monstre sacré: logique. Renoir a le secret de ces tableaux bucoliques et champêtres qu'évoque si bien Hugo dans ce poème. Il a peint les prés, les bois, les bords de rivière, les jardins, et ce paysage de nature plantera très bien le décor de ce poème . Comme fond musical je verrais bien un petit "Intermezzo" de Brahms, romantique à souhait

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