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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

La page poésie d'Odile : Avec le même amour.

9 Janvier 2015 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

Magnifique poème d’amour de Verhaeren qui allie la technique de sa rigueur flamande (né près d’Anvers) avec la douceur de son cœur wallon (entièrement francophone). Ce belge « double » cumule les qualités de ces deux « ethnies » si différentes qui peuplent la Belgique, et force est de constater qu’il a pris le meilleur des deux. Sans oublier qu’il peut, à l’occasion, manier le vers libre avec le même talent. Même les entorses aux codes chez lui sont parfaites (Notez le vers tronqué en troisième strophe comme il sonne au milieu des alexandrins !). Cette dualité a formé un poète complet et on ne va pas s’en plaindre, car la perfection technique ne s’allie pas forcément à l’émotion, comme le disait justement Batistin dans un commentaire précédent !

Avec le même amour.

Avec le même amour que tu me fus jadis
Un jardin de splendeur dont les mouvants taillis
Ombraient les longs gazons et les roses dociles,
Tu m'es en ces temps noirs un calme et sûr asile.

Tout s'y concentre, et ta ferveur et ta clarté
Et tes gestes groupant les fleurs de ta bonté,
Mais tout y est serré dans une paix profonde
Contre les vents aigus trouant l'hiver du monde.

Mon bonheur s'y réchauffe en tes bras repliés
Tes jolis mots naïfs et familiers,
Chantent toujours, aussi charmants à mon oreille
Qu'aux temps des lilas blancs et des rouges groseilles.

Ta bonne humeur allègre et claire, oh ! Je la sens
Triompher jour à jour de la douleur des ans,
Et tu souris toi-même aux fils d'argent qui glissent
Leur onduleux réseau parmi tes cheveux lisses.

Quant ta tête s'incline à mon baiser profond,
Que m'importe que des rides marquent ton front
Et que tes mains se sillonnent de veines dures
Alors que je les tiens entre mes deux mains sûres !

Tu ne te plains jamais et tu crois fermement
Que rien de vrai ne meurt quand on s'aime dûment,
Et que le feu vivant dont se nourrit notre âme
Consume jusqu'au deuil pour en grandir sa flamme.



Émile Verhaeren.

En relisant ce poème de Verhaeren parlant de la pérennité de l'amour, j'ai pensé d'abord à l'oeuvre principale de Camille Claudel: "Sakountala" qui illustre magnifiquement les retrouvailles au Nirvana de Pomone et son époux Vertumne, et aussi à la chanson "Les vieux amants de Jacques Brel". (Son compatriote en plus!) Une chanson n'est pas l'idéal pour écouter sur un poème, moi personnellement je n'aime que le classique en fond de poème, sinon cela me gêne dans ma lecture,mais vous les écouterez séparément, tant pis. Je ne vais pas casser l'alliance qui s'est faite spontanément dans ma tête pour les trois oeuvres, pour une fois que cela arrive!

Claudel (Camille)_Sakountala

Claudel (Camille)_Sakountala

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