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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

La page poésie d'Odile : Nuit de neige

28 Décembre 2014 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

Ce poème superbe de Maupassant, que nous avons tous appris à l’école, ne raconte pas une neige d’enfants gâtés mais évoque plutôt la neige des animaux morts de froid, des sans-abris, des miséreux. Il est lugubre et serre le cœur. Je n’entamerai pas une explication de texte car il faudrait plusieurs pages de commentaire pour analyser une telle richesse. Il suffit d’observer l’étendue du champ lexical morbide…L’évocation est parfaite : l’absence de son, de chaleur, de couleur : tout y est ; un style et un vocabulaire incroyables pour évoquer le néant ! « Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde », je vous laisse juge de l’efficacité de ce vers inversé somptueux ! Que ce poème et sa magnificence soient utiles à autre chose que sa froide beauté qui percute notre âme et nous rappellent d’avoir pour ceux qui souffrent une pensée empathique, ou plutôt un geste amical, généreux, en ces jours de fêtes.

Nuit de neige

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! La terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur œil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

Guy de Maupassant, Des vers

 

 

Monet (Claude). Soleil d'hiver à Lavacourt &  Guillaumin (Armand) Paysage de neige à Crozant
Monet (Claude). Soleil d'hiver à Lavacourt &  Guillaumin (Armand) Paysage de neige à Crozant

Monet (Claude). Soleil d'hiver à Lavacourt & Guillaumin (Armand) Paysage de neige à Crozant

Pour illustrer le superbe poème de Maupassant j'ai choisi de poster deux tableaux, l'un de Monet, l'autre de Guillaumin tellement différents mais pourtant tous deux impressionnistes.Armand Guillaumin a été le moins connu des impressionnistes français mais il a apporté sa touche de coloris intenses. L'un représente le calme, la pâleur des couleurs, la tranquillité des paysages d'hiver et l'autre la magnificence, la richesse de ces instants magiques. Une école mais deux styles et deux représentations opposées. Jugez-en.Quant à la musique, cela s'imposait: L'hiver des "Quatre saisons" de Vivaldi, bien sûr

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Odile 28/12/2014 13:17

Ces deux toiles se ressemblent beaucoup: l'appartenance à la même école est très lisible. La différence se fait au niveau des couleurs: Guillaumin voit les taches fauves que fait ressortir le tapis de neige, alors que Monet ne fait surgir du blanc et du gris qu'un pâle soleil d'hiver. Les deux sont très belles.