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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

La page poésie d'Odile : les mains

11 Décembre 2014 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

J’aime ce poème de Germain Nouveau comme les autres œuvres qui parlent des mains : par exemple une belle chanson de Goldman, (chantée et mimée avec mes élèves, nostalgie quand tu nous tiens !!), une statue de Rodin (« cathédrale ») ou une peinture de Dali, et bien d’autres…Oui j’aime les mains, surtout les mains de ceux que j’aime : les menottes de mes petits par exemple…les mains d’une amie qui se posent sur ton bras pour te dire « t’inquiète pas ! », sans parler des mains d’homme, grandes, dures ou douces, qui sont la protection et le réconfort, qui réchauffent les tiennes quand tu as froid…On parle avec les mains comme on parle avec les yeux : besoin de rien d’autre pour dire « je t’aime »…

Les mains

Aimez vos mains afin qu’un jour vos mains soient belles,
Il n’est pas de parfum trop précieux pour elles,
Soignez-les. Taillez bien les ongles douloureux,
Il n’est pas d’instruments trop délicats pour eux.

C’est Dieu qui fit les mains fécondes en merveilles ;
Elles ont pris leur neige au lys des Séraphins,
Au jardin de la chair ce sont deux fleurs pareilles,
Et le sang de la rose est sous leurs ongles fins.

Il circule un printemps mystique dans les veines
Où court la violette, où le bluet sourit ;
Aux lignes de la paume ont dormi les verveines ;
Les mains disent aux yeux les secrets de l’esprit.

Les peintres les plus grands furent amoureux d’elles,
Et les peintres des mains sont les peintres modèles.

Comme deux cygnes blancs l’un vers l’autre nageant,
Deux voiles sur la mer fondant leurs pâleurs mates,
Livrez vos mains à l’eau dans les bassins d’argent,
Préparez-leur le linge avec les aromates.

Les mains sont l’homme, ainsi que les ailes l’oiseau ;
Les mains chez les méchants sont des terres arides ;
Celles de l’humble vieille, où tourne un blond fuseau,
Font lire une sagesse écrite dans leurs rides.

Les mains des laboureurs, les mains des matelots
Montrent le hâle d’or des Cieux sous leur peau brune.
L’aile des goélands garde l’odeur des flots,
Et les mains de la Vierge un baiser de la lune.

Les plus belles parfois font le plus noir métier,
Les plus saintes étaient les mains d’un charpentier.

Les mains sont vos enfants et sont deux sœurs jumelles,
Les dix doigts sont leurs fils également bénis ;
Veillez bien sur leurs jeux, sur leurs moindres querelles,
Sur toute leur conduite aux détails infinis.

Les doigts font les filets et d’eux sortent les villes ;
Les doigts ont révélé la lyre aux temps anciens ;
Ils travaillent, pliés aux tâches les plus viles,
Ce sont des ouvriers et des musiciens.

Lâchés dans la forêt des orgues le dimanche,
Les doigts sont des oiseaux, et c’est au bout des doigts
Que, rappelant le vol des geais de branche en branche,
Rit l’essaim familier des Signes de la Croix.

Le pouce dur, avec sa taille courte et grasse,
A la force ; il a l’air d’Hercule triomphant ;
Le plus faible de tous, le plus doux a la grâce,
Et c’est le petit doigt qui sut rester enfant.

Servez vos mains, ce sont vos servantes fidèles ;
Donnez à leur repos un lit tout en dentelles.

Ce sont vos mains qui font la caresse ici-bas ;
Croyez qu’elles sont sœurs des lys et sœurs des ailes :
Ne les méprisez pas, ne les négligez pas,
Et laissez-les fleurir comme des asphodèles.

Portez à Dieu le doux trésor de vos parfums,
Le soir, à la prière éclose sur les lèvres,
Ô mains, et joignez-vous pour les pauvres défunts,
Pour que Dieu dans les mains rafraîchisse nos fièvres,

Pour que le mois des fruits vous charge de ses dons
Mais ouvrez-vous toujours sur un nid de pardons.

Et vous, dites, ô vous, qui, détestant les armes,
Mirez votre tristesse au fleuve de nos larmes,
Vieillard, dont les cheveux vont tout blancs vers le jour,
Jeune homme, aux yeux divins où se lève l’amour,
Douce femme mêlant ta rêverie aux anges,

Le cœur gonflé parfois au fond des soirs étranges,
Sans songer qu’en vos mains fleurit la volonté,
Tous, vous dites : « Où donc est-il, en vérité,
Le remède, ô Seigneur, car nos maux sont extrêmes ? »

- Mais il est dans vos mains, mais il est vos mains mêmes.

Germain Nouveau, Poésies d’Humilis

Je suis une inconditionnelle de Dali, vous le savez, alors de temps en temps j'y reviens, comme vers Baudelaire lorsque cela fait trop longtemps que je le tiens éloigné... Je vous ai déjà proposé "La Cathédrale" de Rodin, peut-être serait-il bon de comparer les deux oeuvres. Rien à voir me direz-vous? Pas sûr! Les deux représentent des mains idéalisées, fines, lisses...Alors, regardez "Les Mains en prière" de Durer comme elles sont réalistes,noueuses, là oui, rien à voir! Mais toutes sont ma-gni-fi-ques... Pour la musique d'aujourd'hui, et bien, pourquoi pas..."Nos mains" de Goldman? Cela irait COMME UN GANT! "Il n'y a pas de caresse en fermant les mains...

La page poésie d'Odile  : les mains
La page poésie d'Odile  : les mains
La page poésie d'Odile  : les mains

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Odile 12/12/2014 18:44

Oui, je pense que c'était voulu bien sûr, y a-t-il du hasard en poésie? Rebuffade, bravade, panade, pommade,que c'est moche et qué salade! Je reste en rade

Odile 12/12/2014 11:36

Superbe commentaire Jean-Michel, sur lequel je suis d'accord en tout point!

Odile 11/12/2014 19:43

Jean-Michel, je trouve le mot plamussade très moche, ruade n'est pas terrible non plus, moi j'aurais dit "Que ses vues vengeresses, ne sont que des caresses"...Comment trouves-tu cette page?

Jean-Michel 12/12/2014 07:10

Le suffixe "ade" donne souvent en effet aux mots qu'il bâtit une consonance vulgaire, n'était-ce pas voulu ? :-)
La page est bien agréable et c'est elle qui m'a soufflé l'idée que lorsqu'une main se prend pour un pied elle ne sait donner que des tapes agréables et flatteuses ; un coup de pied fait fuir, un coup de main ça aide.
Ceux qui se servent de leurs mains pour nuire n'agissent pas comme des hommes mais comme des bêtes en détournant de leur usage réservé, faire de belles et fines choses, les outils qui n'existent que chez eux. Certaines théories de l'évolution affirment même que c'est la main avec le pouce opposable aux autres doigts qui a permis à l'homme de développer son intelligence.

Jean-Michel 11/12/2014 15:17

Si aimable est la main
Si fort est son destin
Que ses vœux de ruades
Ne sont que plamussades.