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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

La page poésie d'Odile : Angoisse

19 Novembre 2014 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

Ce noir sonnet de Mallarmé laisse un goût amer. Des mots durs, un style pur et classique mais haché, pour bien marteler l’angoisse dans la poitrine et dans la gorge…Comme cette peur est bien rendue ! Et comme sont bien évoquées les nuits sans sommeil où on bout sous son crâne. Notez le nombre de termes funèbres : bête, péchés, triste, incurable, ennui, remords, noir, mensonges, néant, morts, vice, stérilité, crime, blesse, défait, hanté, linceul, mourir…et je ne les ai pas tous cités ! Un record depuis le début de notre rubrique ! Après cela : bonne nuit !

Angoisse

Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d’un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l’incurable ennui que verse mon baiser:

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts:

Car le Vice, rongeant ma native noblesse,
M’a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un cœur que la dent d’aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

Stéphane Mallarmé

 

Ce dessin de Goya: Le songe de la raison, illustre bien ce qu'on pourrait appeler une tempête sous le crâne: le dormeur fait des cauchemars emplis de chauves-souris, chouettes ou autres animaux dits porte-malheur! Voilà qui aurait plu à Mallarmé en ce jour funèbre où il a écrit ce poème.Dans ce "songe de la raison" n'y aurait-il pas lutte entre le rêve et la triste réalité, le bien et le mal, l'angoisse de la mort et la peur de vivre...Le poème et le tableau expriment tous les deux l'angoisse apportée par la complexité de la vie et des choix qu'elle impose.On connaît bien la "marche funèbre" de Chopin, je vous l'ai déjà proposée, on connaît moins celle de Beethoven que je joins aujourd'hui à cette page tristounette

Goya- le songe de la raison

Goya- le songe de la raison

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Odile 21/11/2014 22:07

Je crois qu'effectivement il ne faut pas chercher à comprendre ce genre de poème, il suffit de ressentir; et on ressent vraiment de l'angoisse à sa lecture, donc c'est qu'il est bon! Et c'est bien que chacun y voie ce qu'il veut. Le "coup de dé..." me rappelle quelque chose, je pense l'avoir relu mais je ne m'en souviens plus, je vais y retourner par curiosité...Je te dirai mon impression

Jean-Michel 19/11/2014 18:30

Ah ! Mallarmé, Mallarmé !...
J'ai cherché un temps à savoir ce qu'il voulait nous raconter dans quelques uns de ses poèmes, je me suis penché un instant sur la signification de celui qui titre "Un coup de dés jamais n'abolira le hasard", comme beaucoup l'ont fait et le font encore. Et puis je me suis aperçu que chacun pouvait trouver son compte dans ses paroles à un niveau qui lui convienne, surtout quand j'ai su qu'il cherchait à créer un poème absolu, une métaphore ultime, contenu dans un livre entièrement blanc et qui raconterait tout au lecteur désirant y trouver quelque chose d'écrit.
Alors depuis j'ai arrêté de lire Mallarmé...