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Actualites locales Moyen et Haut Verdon...

La page poésie d'Odile ;

20 Octobre 2014 , Rédigé par verdon-info Publié dans #Image et poésie

Ce poème en trois grandes strophes et en vers libres est un hymne à l’amour. Je l’intitulerais volontiers « passé, présent, futur » car dans la première strophe, très sombre : « c’était hier », la deuxième est l’arrivée de l’amour (« Le feu s’est alors ranimé »), la troisième est l’avenir rayonnant. Comparez les champs lexicaux des trois parties, tout les oppose. Dans le premier tout est mort et nuit, dans le suivant tout est lumière et amour, dans le dernier tout est vie et espoir. Magnifique ! Quel talent ! On en redemande du Paul Eluard, encore et encore !

J’ai cru pouvoir briser la profondeur de l’immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison absorbé par amour de la cendre
La solitude m’a semblé plus vive que le sang
Je voulais désunir la vie
Je voulais partager la mort avec la mort
Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie
Tout effacer qu’il n’y ait rien ni vire ni buée
Ni rien devant ni rien derrière rien entier
J’avais éliminé le glaçon des mains jointes
J’avais éliminé l’hivernale ossature
Du vœu de vivre qui s’annule

Tu es venue le feu s’est alors ranimé
L’ombre a cédé le froid d’en bas s’est étoilé
Et la terre s’est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J’avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J’avançais je gagnais de l’espace et du temps
J’allais vers toi j’allais sans fin vers la lumière
La vie avait un corps l’espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l’aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j’adorais l’amour comme à mes premiers jours.

Les champs sont labourés les usines rayonnent
Et le blé fait son nid dans une houle énorme
La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
Rien n’est simple ni singulier
La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.
Les hommes sont faits pour s’entendre
Pour se comprendre pour s’aimer
Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
Ont des enfants sans feu ni lieu
Qui réinventeront les hommes
Et la nature et leur patrie
Celle de tous les hommes
Celle de tous les temps.

Paul Eluard

Sir Frederic Leighton était un peintre et sculpteur anglais, son oeuvre est très classique, comme vous pouvez le constater avec cette toile "la lune de miel du peintre", mais cette pureté est bien agréable à regarder, la tendresse de ce jeune couple aussi. Notez qu'ils peignent en se tenant la mainNoter la lumière qui nimbe l'épouse et peut représenter la deuxième strophe du poème d'Eluard, le mari est beaucoup plus dans l'ombre, quant au reste du tableau il est quasi dans le noir. Je vous propose, pour accompagner le magnifique poème d'Eluard, "La marche de la cérémonie des Turcs", vous allez reconnaître ce morceau (court), il a été composé par Lully pour "le bougeois gentilhomme de Molière.

Leighton (Lune de miel)

Leighton (Lune de miel)

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Odile 20/10/2014 19:35

C'est vrai que cette toile est superbe, j'aime beaucoup cette opposition de lumière, et la pose de la jeune-femme est très belle.En fait j'aime beaucoup les trois œuvres de cette page, il y a des jours comme ça où je suis contente de moi! :)

Jean-Michel 20/10/2014 18:09

On dirait le poème d'un démiurge, mais d'un démiurge à son échelle.
La peinture est superbe, je l'aime beaucoup, de la même façon que toutes les œuvres préraphaélites m'arrêtent le regard, et parfois la pensée.